L’Europe encaisse mieux que Wall Street depuis le retour d’un choc commercial américain, mais cette solidité ressemble davantage à un équilibre précaire qu’à un signal de reprise franche. Depuis l’entrée en vigueur, le 24 février 2026, d’un droit de douane global de 10% sur les importations américaines (mesure annoncée comme temporaire, pour 150 jours), les indices de la zone euro restent proches de leurs niveaux élevés, là où les marchés américains ont montré plus de nervosité.
Sur la séance du 24 février, l’EURO STOXX 50 a terminé autour de 6 116 points, quasi inchangé, pendant que Wall Street rebondissait techniquement (S&P 500 +0,8%, Nasdaq +1%) après une phase de stress liée aux annonces tarifaires et au bruit politique autour de leur base légale. Autrement dit : l’Amérique a rebondi, mais sur un terrain instable ; l’Europe a tenu mais sans accélérer.
Pourquoi cet écart de comportement ? D’abord, une histoire de composition : l’Europe est moins “mono-thématique” que les États-Unis (moins concentrée sur une poignée de valeurs technologiques), et elle embarque davantage de secteurs cycliques et industriels parfois jugés mieux valorisés. Ensuite, une histoire de point de départ : après un début d’année solide, les actions européennes abordent ce nouvel épisode avec une prime de risque déjà plus lisible que certains segments américains.
Mais la marge de manœuvre reste faible. La surtaxe de 10% remet au centre le risque “politique”, celui qui écrase la lecture micro (résultats d’entreprises) au profit d’un pilotage par les annonces et les rumeurs. Le marché se stabilise. Mais il ne se libère pas. Tant que la trajectoire des taux américains reste incertaine et que la séquence commerciale peut glisser vers un scénario plus dur (retour du débat sur 15% dans les récits de marché), l’appétit pour le risque restera tactique, y compris côté crypto, très sensible aux épisodes “risk-off”.