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Actualité du

14 octobre 2026

Fin de l’exonération fiscale du bitcoin : la CDU freine Berlin

Le lundi 12 octobre 2026, la réforme des plus-values crypto en Allemagne a montré ses failles au Bundestag. Devant la commission des pétitions, le ministère des Finances a reconnu que le texte restait en discussion au gouvernement. Son passage en Conseil des ministres, prévu ce mercredi 14 octobre, n’est donc plus acquis.

Un an de détention, puis plus d’impôt

Aujourd’hui, un épargnant allemand qui garde ses bitcoins plus d’un an les revend sans payer d’impôt. Le projet de loi, transmis aux fédérations professionnelles le 30 septembre, supprime cet avantage pour tout achat réalisé à partir du 1er janvier 2027. Les gains seraient alors imposés à 25 %, plus la contribution de solidarité, comme ceux des actions, quelle que soit la durée de détention. La règle vaudrait aussi pour le prêt de cryptomonnaies et le staking. Ce dernier rémunère ceux qui immobilisent leurs jetons pour sécuriser un réseau. Les cryptomonnaies achetées jusqu’au 31 décembre 2026 resteraient soumises à l’ancien régime.

Un impôt prélevé par les plateformes en 2028

À partir de 2028, les plateformes établies en Allemagne prélèveraient l’impôt à la source. Si elles ignorent le prix d’achat, le texte taxe forfaitairement la moitié du prix de vente. Le ministère en attend environ 350 millions d’euros de recettes par an.

Une majorité introuvable au Bundestag

La pétition à l’origine de l’audition a réuni 44 439 signatures sur la plateforme du Bundestag. Lundi, les représentants du ministère ont pourtant maintenu le principe de la réforme. L’avocat fiscaliste Ingo Heuel, qui soutenait la pétition, a de son côté relevé des estimations de recettes divergentes.

L’obstacle reste politique. La CDU-CSU gouverne avec les sociaux-démocrates du ministre des Finances, Lars Klingbeil. Son porte-parole pour les finances, Fritz Güntzler, rappelle pourtant depuis mai que ce durcissement ne figure pas dans le contrat de coalition. Or, sans les voix conservatrices, le texte n’a aucune majorité.

L’or s’invite dans le débat

Le ministère a aussi évoqué la fin de l’exonération après un an pour d’autres biens, dont l’or. Aucun projet concret n’existe à ce stade. L’argument vise la CDU-CSU, qui défend le même traitement pour l’or et le bitcoin que pour les devises.

La France suit déjà la logique inverse. La durée de détention n’y compte pas pour les cryptomonnaies, mais elle compte pour l’or physique. Le Code général des impôts prévoit un abattement annuel après deux ans, jusqu’à l’exonération totale après 22 ans de détention.

Paris et Berlin vers le droit commun

L’Allemagne réservait aux investisseurs de long terme un sort bien plus favorable que la France. En France, toute plus-value sur cryptomonnaies supporte la flat tax de 31,4 %, quelle que soit la durée de détention. Depuis le 13 octobre, l’Assemblée nationale réexamine aussi en séance un amendement qui rendrait imposable l’échange contre un stablecoin. Le vote solennel sur la partie recettes du budget est prévu le 20 octobre.

Les deux pays font ainsi entrer les cryptomonnaies dans le droit commun de l’épargne. Enfin, la date butoir du 31 décembre 2026 pourrait avancer des achats allemands avant la fin de l’année. La décision de Berlin sur les plus-values crypto en Allemagne se jouera donc d’abord au sein de la coalition.

Séoul plonge de 6 %, le bitcoin reprend 2 500 dollars

Le mardi 13 octobre 2026, le Kospi et le bitcoin ont pris des chemins opposés. L’indice phare de la Bourse de Séoul a chuté de plus de 6 % cette nuit. Le bitcoin, tombé juste sous 81 000 dollars, est remonté au-dessus de 83 000 dollars.

En début de matinée, le cours du bitcoin avoisinait 83 500 dollars. Il cédait 0,7 % sur 24 heures, selon les données de CoinDesk. Le cours de l’ether reculait de près de 1,7 %, vers 2 525 dollars. Lundi, le marché avait déjà effacé le rebond né de la trêve énergétique russo-ukrainienne. Le dollar, au plus haut depuis avril 2025, pesait déjà.

Les géants coréens des puces décrochent

Samsung Electronics et SK Hynix ont perdu chacun près de 8 %. Les deux fabricants de puces mémoire enchaînent leur cinquième séance de baisse. Les investisseurs s’inquiètent de la valorisation des valeurs liées à l’intelligence artificielle. Ils redoutent aussi la montée en gamme des fabricants chinois de mémoire. Le Kospi est passé sous les 6 000 points, au plus bas depuis fin juillet.

Le bitcoin a suivi, puis s’est détaché

Le bitcoin a d’abord accompagné la chute. Il a touché son point bas à 2 h 50, heure de Paris. Il a ensuite regagné près de 2 500 dollars, alors que Séoul restait en baisse d’environ 6 %. Les contrats à terme sur le Nasdaq, l’indice des valeurs technologiques américaines, reculaient pourtant de 0,6 %.

Ce décalage tranche avec l’habitude. Le bitcoin évolue souvent comme une valeur technologique : quand le Nasdaq recule, il recule aussi. Une nuit ne suffit pas à établir un découplage durable. La séance de mercredi pèsera davantage.

L’inflation américaine attendue mercredi

Le Bureau of Labor Statistics publiera l’inflation de septembre mercredi 14 octobre, à 14 h 30 heure de Paris. Les économistes l’attendent à 3,7 % sur un an, contre 3,4 % en août, selon le relevé de Nowflation. Le pétrole entretient la pression. Le baril américain (WTI) se maintient vers 92,7 dollars, le Brent européen vers 106 dollars.

Une hausse des taux probable en décembre

Un chiffre supérieur aux attentes conforterait une hausse des taux de la Réserve fédérale le 9 décembre. Début octobre, les contrats à terme lui accordaient déjà plus de trois chances sur quatre, selon l’outil FedWatch du CME cité par CNBC. Plus les placements sans risque rapportent, moins le bitcoin, qui ne verse aucun intérêt, attire les capitaux. Cette mécanique illustre la dépendance du bitcoin aux décisions américaines.

Paul Howard, de la société de tenue de marché Wincent, anticipe une autre réaction que la vente. Selon lui, les investisseurs institutionnels se couvriront par des produits dérivés en gardant leurs positions.

Le dollar fort amortit la baisse en euros

La Banque centrale européenne fixait le 12 octobre son taux de référence à 1,1181 dollar pour un euro. À ce taux, le bitcoin vaut environ 74 700 euros. Le dollar s’est apprécié de plus de 4 % face à l’euro depuis le 9 septembre. Ce renchérissement du billet vert atténue, en euros, les baisses du bitcoin coté en dollars.

FSB : la solidité des stablecoins n’a jamais été éprouvée

Le 12 octobre 2026, le G20 a reçu la note du FSB sur les stablecoins. Le Conseil de stabilité financière coordonne les régulateurs des grandes économies. Il y constate qu’aucune crise sévère n’a encore éprouvé ni ces jetons ni les règles qui les encadrent.

Un marché de 300 milliards arrimé au dollar

La note précède de trois jours la réunion des ministres des Finances du G20, le 15 octobre à Bangkok. Les stablecoins sont des jetons conçus pour valoir une monnaie officielle. Leur valeur totale avoisinait 300 milliards de dollars à la mi-2026, quasi inchangée sur un an. Le dollar sert de référence à 99 % de ce montant. Ces jetons servent surtout à entrer et sortir des marchés de cryptomonnaies.

Des porteurs que l’émetteur ne connaît pas

Une banque connaît ses déposants et gère leurs retraits en voyant tout son bilan. L’émetteur d’un stablecoin peut ignorer qui détient ses jetons, dans quel pays, et où surgiront les remboursements.

Face à une ruée, il devrait vendre ses réserves en urgence. La panique pourrait alors gagner la finance traditionnelle. Le jeton s’échange jour et nuit, quand la gestion des réserves suit les horaires des marchés. Les ventes peuvent donc aller plus vite que les remboursements et faire décrocher le jeton du dollar. Le FSB admet qu’un marché profond aide aussi les arbitragistes à ramener le prix vers la parité.

Des marchés de dette déjà sous tension

Andrew Bailey, président du FSB, relève déjà dans sa lettre au G20 une forte volatilité des dettes souveraines. Une vente forcée de réserves s’ajouterait à ces tensions.

L’émission multiple, maillon désigné

Le danger grandit quand plusieurs entités affiliées émettent un même jeton depuis différents pays. Chacune garde ses réserves, et un porteur peut se faire rembourser par n’importe laquelle. En crise, les demandes pourraient converger vers une seule entité, alors que l’argent dort ailleurs. Circle fonctionne ainsi : son USDC est émis aux États-Unis et, pour l’Europe, par sa filiale française.

Sans pouvoir de contrainte, le FSB demande de suivre la localisation des porteurs, des remboursements et des réserves.

Un montage qui divise l’Union

Ce montage divise les institutions européennes. En septembre 2025, le Comité européen du risque systémique, présidé par Christine Lagarde, a tranché. Il a recommandé à la Commission de l’exclure de MiCA lorsqu’un émetteur est établi hors de l’Union.

La Commission attendue au 30 juin 2027

Le Parlement européen a pris le contre-pied le 7 juillet 2026. Sa résolution non contraignante, votée par 390 voix contre 86, réclame un cadre assorti de garanties. La Commission a elle-même écrit en mai, dans sa consultation sur MiCA, que le règlement n’interdit pas ces modèles. Elle doit rendre son rapport d’ici au 30 juin 2027.

Sans réclamer d’interdiction, la note du FSB sur les stablecoins décrit le scénario qui fonde la position du Comité. De cet arbitrage dépend l’accès des Européens aux grands stablecoins en dollar par un émetteur installé dans l’Union.

Paris débat de la fiscalité des stablecoins

Le traitement de ces jetons se joue aussi à Paris. Depuis ce 13 octobre, l’Assemblée nationale examine en séance un amendement redéposé qui vise les jetons de monnaie électronique MiCA. Voté en commission le 7 octobre, il rendrait imposable dès 2027 l’échange d’une cryptomonnaie contre un stablecoin.

Cette conversion reste aujourd’hui sans impôt, selon la fiscalité des cryptomonnaies en vigueur. Bruxelles décidera quels stablecoins circulent en Europe, Paris s’ils restent une étape sans impôt entre deux cryptomonnaies.

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