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Actualités crypto du jour : Bitcoin, Ethereum et marchés décryptés

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Actualité du

1 septembre 2026

Meilleur mois depuis 2024, et déjà le doute sur septembre

Le bitcoin bute sur la hausse des taux Fed désormais anticipée pour le 16 septembre. Ce mardi 1er septembre 2026, il s’échange autour de 78 400 dollars, sans direction nette sur vingt-quatre heures. Le mois d’août se solde par un gain de 24 %, son meilleur mois depuis novembre 2024. Les 80 000 dollars, eux, tiennent toujours.

Hausse des taux Fed : 64 % de probabilité au 16 septembre

Les marchés à terme américains assignent près de 64 % de probabilité à un relèvement le 16 septembre, contre 36 % avant l’intervention de Kevin Warsh à Jackson Hole, selon le point de marché publié ce mardi par CoinDesk. La remontée du pétrole a poussé le rendement à dix ans américain à 4,78 %. Barclays anticipe deux hausses supplémentaires d’ici la fin de l’année, dans une note relayée par Reuters. D’autres analystes jugent la lecture excessive.

Le marché ne redoute plus l’inflation. Il redoute la réponse de la banque centrale. Cette bascule explique pourquoi la hausse des taux Fed pèse autant sur le bitcoin, un mécanisme déjà détaillé dans notre analyse de la dépendance du bitcoin aux marchés américains. Le rapport sur l’emploi d’août, attendu vendredi, tranchera. Un chiffre solide relancerait les rendements et testerait le point bas de la nuit, visible sur le cours du bitcoin en direct.

Strategy et BitMine relancent les achats institutionnels

Strategy a acquis 4 603 bitcoins pour 369,7 millions de dollars, au prix moyen de 80 318 dollars, entre le 24 et le 30 août. Ses avoirs atteignent 845 050 bitcoins, pour un coût moyen historique de 75 412 dollars, selon le détail de l’opération publié par The Block. L’achat met fin à une pause d’environ deux mois. Michael Saylor l’a résumé en deux mots : « We’re back ».

BitMine a de son côté acheté 53 501 ethers pour 131 millions de dollars, soit environ 2 511 dollars l’unité. La société détient 5 901 112 ethers, près de 4,9 % de l’offre en circulation. C’était sa soixante-cinquième acquisition hebdomadaire consécutive. L’ether recule d’environ 1 %, un peu au-dessus de 2 440 dollars, niveau à suivre sur le cours de l’ether en direct. Le jeton HYPE de Hyperliquid fait exception avec une progression proche de 4 %. Solana, dogecoin et tron cèdent 1 à 2 %.

Flux ETF : 924,5 millions collectés, 5 milliards de conversions

La semaine close le 28 août affiche 924,5 millions de dollars de collecte nette sur les ETF bitcoin au comptant, dont 938,3 millions pour le seul IBIT de BlackRock. Les ETF ether ont capté environ 824 millions, selon le décompte hebdomadaire de Cryptobriefing. Le retrait de 201,9 millions enregistré vendredi a interrompu neuf séances positives. Il n’a pas inversé la tendance : deux semaines cumulées portent la collecte à 2,8 milliards de dollars.

Ce que les conversions in-kind changent à la lecture des flux

Une réserve s’impose avant de conclure à une demande neuve. Près de 5 milliards de dollars de conversions en nature ont été traités par BlackRock, d’après un recensement publié fin août. Des bitcoins déjà détenus sont échangés contre des parts d’ETF, sans achat au comptant correspondant. Le seuil minimum est passé de 25 à 1 million de dollars en juillet 2026. La collecte affichée mélange donc argent frais et simple déplacement de détention.

Le signal à retenir pour un détenteur français

Le marché se stabilise. Mais il ne redémarre pas. La demande institutionnelle existe, elle est documentée, et elle reste subordonnée à la trajectoire des taux américains. Trois chiffres résument la séquence : 24 % de hausse mensuelle, 64 % de probabilité de resserrement, 80 000 dollars de résistance.

Le bitcoin face à la hausse des taux Fed dépend d’une décision qui se prendra à Washington, pas sur les places crypto. Ces séquences macro rythment désormais le cycle entier. Notre lecture de fond sur l’institutionnalisation du marché crypto en 2026 replace ces flux dans la durée. Vendredi donnera le prochain point d’appui.

FAQ

Pourquoi le bitcoin recule-t-il alors qu’août a été son meilleur mois depuis 2024ualifié ?
Le gain d’août atteint 24 %, mais les anticipations de hausse des taux Fed pour le 16 septembre sont passées de 36 % à près de 64 %. Le rendement à dix ans américain à 4,78 % pèse sur les actifs risqués.

Combien de bitcoins Strategy détient-elle après son achat d’août 2026 ?
845 050 bitcoins, après l’acquisition de 4 603 unités pour 369,7 millions de dollars entre le 24 et le 30 août, au prix moyen de 80 318 dollars. Le coût moyen historique de la position ressort à 75 412 dollars.

Les 924,5 millions collectés par les ETF bitcoin correspondent-ils à de l’argent frais ?
Pas intégralement. Près de 5 milliards de dollars de conversions en nature ont été traités par BlackRock, soit des bitcoins déjà détenus transformés en parts d’ETF sans achat au comptant.

Dublin trace la frontière entre crypto et épargne aidée

Crypto et épargne défiscalisée ne feront pas bon ménage en Irlande. Le ministère irlandais des Finances a publié le 31 août 2026 sa feuille de route sur la fiscalité de l’investissement de détail. Elle écarte les cryptoactifs des futurs comptes personnels d’investissement, ouverts en 2027, au motif qu’ils constituent des produits « hautement complexes et risqués ».

Ce que le compte irlandais accepte, et ce qu’il refuse

Le dispositif est réservé aux résidents irlandais majeurs, à raison d’un compte par personne. Il accueillera les actions et obligations cotées, les instruments négociés sur marchés réglementés et les fonds grand public, ETF compris. La feuille de route publiée par le Département des Finances irlandais écarte les produits hautement complexes et risqués, dérivés et cryptoactifs. La crypto reste exclue de l’épargne défiscalisée irlandaise.

Le problème visé est mesurable. Les ménages irlandais placent 38 % de leurs actifs financiers en dépôts, contre 30 % en moyenne dans l’Union européenne. Ils n’en détiennent que 2,3 % en investissements directs, contre environ 7,5 % pour la moyenne européenne. Le nouveau compte échappera au « deemed disposal », cette taxation à 38 % des plus-values latentes tous les huit ans. Le seuil d’exonération, le taux au-delà et le plafond annuel de versement seront fixés au budget d’octobre.

Bruxelles avait donné le cap dès septembre 2025

La décision applique une recommandation de la Commission européenne du 30 septembre 2025 sur les comptes d’épargne et d’investissement. Le texte impose un socle d’actions, d’obligations et d’OPCVM, ETF inclus. Il en écarte les instruments hautement risqués ou complexes, tels que certains dérivés ou les cryptoactifs ne se qualifiant pas comme instruments financiers. Bruxelles a donc posé le principe d’une crypto exclue de l’épargne défiscalisée.

La formule mérite attention. Elle ne vise pas la technologie, mais la nature juridique de l’actif. Un titre financier tokenisé reste un instrument financier, donc éligible. Un jeton natif comme le bitcoin ne l’est pas. CoinDesk lit le dispositif irlandais comme ouvert aux versions tokenisées d’instruments éligibles. Le document irlandais publié ne le précise pas explicitement, et cette lecture reste à confirmer.

La lecture française : le PEA fixe déjà la même limite

Dix États membres disposent déjà d’un tel véhicule, dont la France avec le PEA. Aucun n’y admet les cryptoactifs. Pour l’épargnant français, la détention passe par un compte ordinaire, soumis au régime de la flat tax. Les obligations déclaratives se renforcent avec DAC8. CrypCool, enregistré PSAN sous le numéro E2023-096, applique ce cadre.

Le signal : MiCA autorise, il ne subventionne pas

L’agrément n’est pas un label d’épargne. Les cryptoactifs sont encadrés et légalement commercialisables sous MiCA. Ils ne sont pas pour autant jugés dignes d’un soutien fiscal public. Les plateformes agréées espéraient que MiCA ouvrirait les enveloppes réglementées et la distribution de masse. Cette crypto écartée de l’épargne défiscalisée ferme le canal de collecte le plus puissant du marché européen.

Le contraste avec Londres est net. Le gouvernement britannique a annoncé le 27 août 2026 vouloir doter la Banque d’Angleterre d’un objectif statutaire secondaire de soutien à l’innovation dans les paiements et les stablecoins. Deux doctrines se dessinent de part et d’autre de la Manche. Protéger l’épargnant d’un côté. Attirer l’industrie de l’autre.

FAQ

Peut-on mettre des cryptos dans le nouveau compte d’épargne irlandais ?
Non. La feuille de route publiée le 31 août 2026 classe les cryptoactifs parmi les produits hautement complexes et risqués, au même titre que certains dérivés. Le compte, ouvert en 2027, se limite aux actions, obligations, fonds grand public et ETF.

Le PEA français permet-il d’investir en cryptomonnaies ?
Non. Le PEA n’admet pas les cryptoactifs. En France, la détention passe par un compte ordinaire, avec l’imposition applicable aux plus-values de cessions d’actifs numériques et les obligations déclaratives renforcées par DAC8.

Pourquoi les actifs tokenisés seraient-ils traités différemment du bitcoin ?
La recommandation européenne du 30 septembre 2025 écarte les cryptoactifs « ne se qualifiant pas comme instruments financiers ». Une action ou une obligation tokenisée reste un instrument financier au sens du droit européen, à la différence d’un jeton natif comme le bitcoin.

La Russie ouvre son marché crypto sur une faille connue

Le marché russe des cryptomonnaies devient légal ce mardi 1er septembre. Moscou l’ouvre sur trois actifs seulement. L’un d’eux, l’USDT, peut être neutralisé depuis l’étranger. Sa propre banque centrale l’a écrit noir sur blanc.

Un marché légal ouvert sur trois actifs

Vladimir Poutine a signé le 4 août la loi « sur les monnaies numériques et les droits numériques ». Elle entre en vigueur ce 1er septembre. C’est le premier cadre complet du pays.

La Banque de Russie a publié le 11 août une liste provisoire. Elle ne retient que le bitcoin, l’ether et l’USDT. Trois critères ont été appliqués. La capitalisation, le volume quotidien moyen, et l’historique de prix. Ce dernier doit couvrir au moins cinq ans sur les plateformes étrangères. La consultation publique s’est achevée le 24 août.

Ce que la loi autorise, ce qu’elle interdit

L’achat et la vente passent par des intermédiaires agréés. Des dépositaires numériques peuvent assurer la conservation. Les règlements transfrontaliers avec des non-résidents sont permis.

Le paiement en cryptomonnaies reste interdit à l’intérieur du pays. La publicité pour ces paiements l’est également. Les acteurs ont jusqu’à juillet 2027 pour obtenir leurs agréments.

Un plafond de 300 000 roubles pour le grand public

Le texte sépare deux publics. Les investisseurs qualifiés n’ont aucune limite d’achat. Les particuliers non qualifiés sont plafonnés à 300 000 roubles par an et par intermédiaire, soit environ 3 700 dollars. Ils doivent aussi démontrer qu’ils comprennent les risques.

Sberbank en tête, avec un pari chiffré

Du prêt pilote de décembre 2025 aux trois collatéraux

Sberbank est la première banque du pays. Elle avait accordé en décembre 2025 ce qu’elle présentait comme le premier crédit russe adossé à des bitcoins. Le bénéficiaire était l’exploitant de fermes de minage Intelion. Le montant n’a pas été communiqué. La banque conservait le collatéral via son propre service de garde.

Elle veut désormais élargir le dispositif. Son vice-président du directoire Anatoli Popov l’a annoncé dans un entretien à l’agence TASS publié ce mardi. Bitcoin, ether et USDT seront acceptés en garantie, une fois l’aval du régulateur obtenu.

Entre 3 500 et 4 000 milliards de roubles la première année

Popov avance aussi des volumes. Il attend 3 500 à 4 000 milliards de roubles la première année, soit environ 40 à 46 milliards de dollars. Il vise 7 500 milliards de roubles à l’horizon 2029. Il qualifie ces estimations de prudentes.

La faille que Moscou connaît déjà

Ce qu’est un stablecoin comme l’USDT

Un rappel s’impose. Un stablecoin est un jeton dont la valeur est arrimée à une devise. Ici, c’est le dollar. L’émetteur, la société Tether, détient des réserves en contrepartie.

Cet émetteur conserve une capacité technique décisive. Il peut geler les jetons détenus par n’importe quelle adresse. Tether revendique cette pratique publiquement. Plus de 4,4 milliards de dollars ont été gelés à ce jour. Plus de 2,1 milliards l’ont été en lien avec les autorités américaines. Le bitcoin et l’ether ne présentent pas cette vulnérabilité. Nous avons détaillé ailleurs le risque propre à l’USDT.

Le précédent Garantex, mars 2025

La démonstration a déjà eu lieu en Russie. Le 6 mars 2025, Tether a gelé environ 28 millions de dollars d’USDT, plus de 2,5 milliards de roubles, détenus par la plateforme Garantex. Cette plateforme venait d’être sanctionnée par l’Union européenne. Elle a suspendu ses services dans la foulée. Son communiqué dénonçait « la guerre de Tether contre le marché crypto russe ».

Le régulateur russe l’a écrit noir sur blanc

La Banque de Russie n’ignore rien de ce risque. Son premier vice-gouverneur Vladimir Tchistioukhine l’a admis le 4 juin sur la radio RBK. Interrogé sur l’USDT, il répond que des blocages sont possibles.

Le rapport de consultation sur les stablecoins, publié le 25 juin, va plus loin. Il relève que les émetteurs de systèmes centralisés peuvent geler ou détruire des jetons sans décision de justice. Il cite explicitement l’épisode Garantex.

Une contradiction assumée

Moscou construit donc un marché légal reposant en partie sur un instrument libellé en dollars. Cet instrument est contrôlé par une société privée. Cette société coopère activement avec les autorités américaines.

La contradiction est d’autant plus frappante que Washington vient de franchir un cap. Le Trésor a signé le 24 août une détermination sectorielle, publiée au Federal Register le 27 août. Elle range les actifs numériques parmi les secteurs sanctionnables de l’économie iranienne. Nous l’avions analysée dans notre brève sur les sanctions crypto visant l’Iran.

Ce que cela dit aux acteurs européens

La nature d’un stablecoin est juridictionnelle

L’enseignement dépasse largement le cas russe. La nature d’un stablecoin n’est pas seulement technique ou monétaire. Elle est juridictionnelle.

Choisir un jeton adossé au dollar, c’est accepter une dépendance. Une autorité étrangère peut en interrompre l’usage. Le sujet rejoint celui du contrôle exercé par les banques sur les avoirs. Il rejoint aussi celui de la garde des fonds, qui devient un enjeu de conformité.

L’argument qui porte l’euro numérique

C’est précisément l’argument des autorités monétaires européennes. Il soutient le projet d’euro numérique de la BCE. Le Conseil des gouverneurs a validé la phase suivante en octobre 2025. Une première émission est envisagée en 2029, sous réserve du vote européen.

Il soutient aussi les stablecoins en euros portés par des consortiums bancaires. Le projet Qivalis est le plus avancé. Il réunit plus de trente banques du continent. Il n’est pas encore agréé et poursuit sa demande auprès de la banque centrale néerlandaise. Le cadre applicable reste celui de MiCA.

Le dossier cesse d’être une question de modernisation des paiements. Il devient une question de souveraineté.

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