Pékin fixe un cap de croissance prudent
Réuni depuis le 5 mars à Pékin, le Congrès national du peuple – la principale session politique annuelle chinoise – a confirmé un objectif de croissance Chine 2026 compris entre 4,5 % et 5 % du PIB. Ce niveau, annoncé dans le rapport d’activité du gouvernement présenté par le Premier ministre Li Qiang, constitue le plus faible objectif officiel depuis le début des années 1990, hors période de pandémie.
Ce chiffre modéré pour la deuxième économie mondiale reflète un environnement économique plus complexe : crise persistante du secteur immobilier, confiance fragile des ménages et tensions commerciales avec les États-Unis.
Le message envoyé par Pékin est double. La Chine reconnaît un ralentissement structurel. Mais elle entend conserver un rythme de croissance capable de soutenir l’emploi, l’industrie et son poids dans l’économie mondiale.
Une politique budgétaire plus active
Pour atteindre cet objectif, les autorités chinoises ont également signalé un soutien budgétaire plus marqué. Plusieurs économistes anticipent un déficit public central proche de 4 % du PIB, un niveau relativement élevé dans le cadre budgétaire chinois.
L’effort devrait se concentrer sur l’investissement public et les secteurs stratégiques. Les priorités évoquées incluent notamment les semi-conducteurs, l’intelligence artificielle et les infrastructures numériques, piliers de la stratégie chinoise d’autonomie technologique.
Dans le même temps, Pékin cherche à soutenir davantage la demande intérieure. Les autorités ont évoqué plusieurs dispositifs pour stimuler la consommation et maintenir la création d’emplois urbains, un indicateur politique crucial pour la stabilité sociale.
La stratégie reste toutefois mesurée : aucune relance massive du secteur immobilier n’a été annoncée à ce stade.
Un signal suivi de près par les marchés mondiaux
Ces annonces sont observées attentivement par les investisseurs internationaux. La Chine représente encore près d’un tiers de la croissance mondiale et reste un moteur majeur pour la demande de matières premières, notamment le cuivre, le minerai de fer et l’énergie.
Pékin semble privilégier une trajectoire de croissance plus lente mais plus stable, centrée sur l’innovation et la production industrielle avancée. Cette transition pourrait réduire la dépendance au crédit immobilier et aux exportations tout en renforçant la compétitivité technologique du pays.
Pour les marchés financiers et indirectement pour l’écosystème crypto, l’orientation de la politique économique chinoise reste un facteur déterminant du cycle global de liquidité et de la demande industrielle mondiale.