La Maison-Blanche a formalisé une surtaxe temporaire de 10% sur les importations, entrée en vigueur le 24 février 2026, pour une durée annoncée de 150 jours. Le texte invoque un motif rarement mobilisé : la correction de “problèmes fondamentaux de paiements internationaux”, autrement dit un déséquilibre de balance des paiements. C’est le cœur du déclencheur macro : une décision commerciale à impact immédiat, mais surtout un signal politique qui remet une couche d’incertitude sur la trajectoire de croissance et d’inflation.
Le marché se stabilise. Mais il ne redémarre pas. Car la mesure n’est pas isolée : elle arrive après une séquence juridique tendue autour des bases légales utilisées pour les tarifs, et elle s’appuie cette fois sur la Section 122 du Trade Act de 1974, qui plafonne l’outil à 150 jours… et à 15% maximum. Résultat : le “10%” est déjà perçu comme un plancher réversible. Plusieurs récits de marché évoquent un passage possible à 15%, ce qui entretient un brouillard opérationnel pour les entreprises… et un brouillard de pricing pour les actifs risqués.
Côté crypto, l’enchaînement est classique : quand le risque macro devient illisible, les positions les plus volatiles servent de variable d’ajustement. Bitcoin et Ethereum ont évolué dans une configuration de volatilité élevée ces dernières 24 heures avec un Bitcoin autour de 65 023 $ et un range intraday marqué (bas 62 673 $, haut 66 228 $) pendant qu’Ethereum traitait autour de 1 890 $. Dans ce type de marché, la question n’est pas seulement “tarifs ou pas tarifs” : c’est la prime d’incertitude qui remonte et qui pousse les gérants à réduire l’exposition, surtout quand l’effet de levier est présent.
Le point à surveiller est donc double : la crédibilité juridique de l’activation de la Section 122 (et le risque de contestations) et surtout, la probabilité d’un durcissement à 15% avant l’échéance. Tant que la question n’est pas tranchée, la macro garde la main et les cryptos restent dans la zone où chaque headline peut déclencher un mouvement.