Le 24 février 2026, les États-Unis ont mis en place un tarif douanier global de 10 % sur la quasi-totalité des importations, mesure qui marque un tournant dans la guerre commerciale mondiale et relance la dynamique protectionniste initiée depuis 2025. Cette décision intervient après que la Cour suprême américaine a invalidé, le 20 février, les surtaxes précédemment imposées sous l’autorité du International Emergency Economic Powers Act (IEEPA), jugeant que ce texte ne conférait pas de pouvoir tarifaire unilatéral au président sans l’accord du Congrès.
Le gouvernement de Donald Trump a immédiatement activé une autre base légale, la Section 122 du Trade Act de 1974, rarement utilisée, pour établir temporairement ce droit de douane de 10 % sur tous les importations sans validation immédiate du législatif, pour une période maximale de 150 jours. Cette disposition est conçue pour faire face à un » déséquilibre significatif des paiements » mais son application dans ce contexte commercial est inédite et suscite des interrogations juridiques.
La mesure n’efface pas totalement les anciens tarifs sectoriels ou ciblés – notamment ceux sur l’aluminium, l’acier ou certains biens spécifiques – qui continuent d’être appliqués à des niveaux supérieurs et font l’objet de négociations parallèles avec des partenaires commerciaux. Les produits en provenance du Canada et du Mexique bénéficient toujours d’exemptions dans le cadre de l’USMCA (ACEUM), l’accord commercial nord-américain, ce qui tempère partiellement la portée du tarif global.
La Maison-Blanche a d’ores et déjà envisagé de porter ce taux à 15 %, créant une forte incertitude sur l’orientation future de la politique commerciale américaine. Cette incertitude, en particulier sur les produits chinois, européens et britanniques, contribue à fragiliser les chaînes d’approvisionnement mondiales et alimente une aversion au risque des marchés financiers. L’or et d’autres actifs refuges ont enregistré des flux positifs, tandis que les marchés actions et les classes d’actifs plus spéculatives montrent une volatilité accrue.
Sur le plan international, des partenaires comme l’Union européenne et le Royaume-Uni expriment des inquiétudes et considèrent des mesures de réponse ou de réciprocité commerciale propres à intensifier les tensions et peser sur la croissance du commerce mondial.