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Coinbase et Gemini visés à New York pour gambling illicite

Actualité du

23 avril 2026

Marchés de prédiction Coinbase et Gemini dans le viseur de New York. La procureure générale Letitia James a déposé deux plaintes mardi 21 avril 2026 devant la Cour suprême de Manhattan. Ce jeudi 23 avril, le dossier glisse déjà vers la justice fédérale. New York réclame 2,2 milliards à Coinbase et 1,2 milliard à Gemini.

Une qualification de « gambling » lourde de conséquences

Selon le communiqué officiel du bureau de Letitia James, les « event contracts » constituent des paris illégaux. Les plaintes visent Coinbase Financial Markets et Gemini Titan LLC. La procureure dénonce des opérations de paris non licenciées qui exposent les jeunes new-yorkais.

Au cœur du litige, deux griefs concrets. Les deux plateformes laissent parier des résidents âgés de 18 à 20 ans. Or la loi new-yorkaise interdit le pari sportif mobile en dessous de 21 ans. Elles esquivent aussi la taxe de 51 % sur les revenus bruts. Cette taxe frappe casinos et opérateurs de paris licenciés, soit la plus lourde du pays.

La New York State Gaming Commission n’a délivré aucune licence aux deux exchanges. Les plaintes visent aussi des paris sur des matchs de basket universitaire impliquant des équipes new-yorkaises. Ces paris sont expressément interdits par la loi de l’État. L’AG demande la confiscation des profits, des amendes triples et une restitution aux clients lésés.

Réaction de marché immédiate

L’action Coinbase a perdu jusqu’à 7,8 % en séance mardi, repassant sous 200 dollars Tradingkey. La capitalisation a fondu d’environ 4 milliards de dollars en une journée selon Proactive Investors. Coinbase a riposté en transférant le dossier devant la justice fédérale. Son directeur juridique Paul Grewal invoque la compétence exclusive de la CFTC sur les contrats à événements. Gemini n’a pas commenté à ce stade.

Marchés de prédiction Coinbase : un bras de fer fédéral-États

L’enjeu dépasse New York. Le Massachusetts, le New Jersey et l’Ohio scrutent les mêmes produits. Si la justice fédérale valide la préemption, les exchanges sécurisent un canal de revenus stratégique. Sinon, ces produits devront obtenir des licences État par État. Le risque : un patchwork réglementaire ingérable.

Pour Polymarket et Kalshi, qui dominent ce segment, l’arrêt fera jurisprudence. Kalshi a déjà été pris dans plusieurs contentieux étatiques sur les paris sportifs. Le timing pèse lourd. Les exchanges cherchent depuis dix-huit mois à diversifier leurs revenus au-delà du trading spot. Les volumes ont chuté avec la correction sévère du bitcoin au premier trimestre 2026.

CLARITY Act : le cadre fédéral en sursis

L’autre dossier brûlant reste le Digital Asset Market Clarity Act. La Chambre l’a adopté le 17 juillet 2025 par 294 voix contre 134. Le texte doit clarifier la frontière entre valeurs mobilières (SEC) et commodities (CFTC). Il transfère la majorité des spot markets vers la CFTC.

Le Sénat repousse une fois de plus le passage en commission bancaire. Le sénateur républicain Thom Tillis a annoncé jeudi 17 avril qu’il ne diffuserait pas le texte de compromis. Motif central : le rendement des stablecoins, sans date arrêtée pour le markup, selon Unchained et Politico.

Le verrou des stablecoins à rendement

Le nœud porte sur une question simple. Les exchanges peuvent-ils verser un taux d’intérêt aux détenteurs de stablecoins ? Les lobbies bancaires redoutent une fuite massive des dépôts vers les plateformes crypto. Le marché global pèse environ 317 milliards de dollars, dont 99 % en dollars. Le compromis Tillis-Alsobrooks autoriserait les récompenses liées à l’usage. En revanche, il interdirait le rendement passif sur la simple détention.

Galaxy Research : 50 % de probabilité d’un vote en 2026

Galaxy Research, dans une note relayée par CoinDesk et Cryptonews, évalue désormais à environ 50 % – ou moins – la probabilité que le texte soit signé en 2026. La sénatrice Cynthia Lummis a averti le 11 avril : rater cette fenêtre repousserait le calendrier au-delà de 2030. Sans markup en avril, la séance plénière de mai s’évanouit. L’agenda législatif basculerait alors vers les midterms de novembre.

Le signal pour l’investisseur européen

Pour les détenteurs européens, la lecture est double. Côté marché, l’incertitude réglementaire américaine plafonne l’allocation institutionnelle au-delà du bitcoin et de l’ether. Sans loi-cadre, les altcoins majeurs restent dans une zone grise. Les trésoreries cotées hésitent à élargir leur exposition.

Côté positionnement, le contraste avec MiCA s’accentue. L’Union européenne dispose d’un cadre opérationnel depuis le 30 décembre 2024. Les États-Unis, eux, improvisent. CrypCool, PSAN enregistré auprès de l’AMF, opère dans ce cadre MiCA stabilisé. La fiscalité française est désormais arrimée à DAC8. Les arbitrages de portefeuille gagnent à intégrer ce différentiel de visibilité réglementaire.