Ce mercredi 26 mars, Druk Holding and Investments (DHI), le bras financier du gouvernement royal bhoutanais, a cédé 519,7 BTC pour environ 36,75 millions de dollars. Le transfert a transité par QCP Capital, un bureau OTC basé à Singapour. Il porte les liquidations totales du trésor national à plus de 152 millions de dollars depuis janvier 2026, selon les données on-chain d’Arkham Intelligence.
D’un pic à 13 000 BTC à 4 453 unités
Les réserves souveraines bhoutanaises ont atteint environ 13 000 BTC fin 2024. Elles s’établissent aujourd’hui à 4 453 BTC — une baisse de 66 % en volume. En valeur, l’érosion est double : Bitcoin cotait alors autour de 119 000 dollars ; il oscille ce mercredi autour de 70 000 dollars. Des avoirs jadis estimés à plus d’un milliard et demi de dollars ne représentent plus qu’environ 319 millions.
Une exécution méthodique, loin des carnets d’ordres publics
DHI ne vend pas sur les marchés ouverts. Chaque lot transite par QCP Capital ou des adresses liées à Binance, dans des tranches calibrées. Cette semaine, le clip atteignait 36,75 millions — le plus important de l’année. L’impact sur le cours du Bitcoin est resté nul mercredi. C’est précisément l’effet recherché.
Minage hydraulique : un coût de base quasi nul
Le Bhoutan n’a pas acheté son Bitcoin. Il l’a miné depuis 2019 grâce à ses excédents d’hydroélectricité. Son coût de revient est quasi nul — un avantage structurel que peu d’États peuvent revendiquer. Après le halving d’avril 2024, les récompenses de bloc ont été divisées par deux. L’arbitrage économique a changé : mieux vaut vendre dans la force que stocker à rendement décroissant.
Signal macro : quand un État gère son Bitcoin comme un fonds
Ce n’est pas une liquidation en détresse. C’est de la gestion de trésorerie souveraine structurée. Le Bhoutan agit comme un fonds institutionnel mature : vente en OTC, sans communication officielle, sans corrélation aux mouvements de prix. Ce comportement constitue un signal lisible pour les marchés — plusieurs pays émergents scrutent ce modèle de près, dans un contexte où la dépendance du Bitcoin aux marchés américains reste un paramètre de risque central.
Un facteur supplémentaire pèse sur la trajectoire. En décembre 2024, le gouvernement avait engagé jusqu’à 10 000 BTC pour financer la Gelephu Mindfulness City, une zone économique spéciale intégrant les actifs numériques. Avec seulement 4 453 BTC en réserve, cet engagement est aujourd’hui mathématiquement inaccessible sans inverser entièrement la tendance.
Pour recalibrer son exposition, le simulateur CrypCool permet d’évaluer rapidement une allocation Bitcoin en fonction de son profil. CrypCool, prestataire enregistré PSAN auprès de l’AMF, rappelle que ces cessions souveraines s’inscrivent dans un cycle plus large d’institutionnalisation de Bitcoin — une tendance structurelle, pas un signal de défiance.