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Iran, pétrole, bitcoin : le triptyque d’avril 2026

Actualité du

2 avril 2026

Ce jeudi 2 avril, le bitcoin actif refuge se heurte à une réalité plus complexe que le récit dominant ne le laisse entendre. Cinq semaines après le début des opérations militaires américaines et israéliennes contre l’Iran lancées le 28 février 2026, les marchés absorbent encore le choc. Le détroit d’Hormuz reste effectivement fermé depuis la mi-mars, perturbant environ 20 % des flux pétroliers mondiaux, selon les données de l’U.S. Energy Information Administration. Le schéma dominant des dernières semaines tient en trois temps : espoir, déclaration de Trump, retournement brutal.

Le Brent à 115 $ : une pression inflationniste qui ne cède pas

Le pétrole Brent s’établit autour de 115 dollars le baril fin mars, en hausse d’environ 90 % depuis le début de l’année, selon CoinDesk. Ce niveau prolonge une pression sur l’inflation américaine déjà formalisée par la Réserve fédérale. Jerome Powell a relevé les prévisions d’inflation 2026 de 2,4 % à 2,7 %, selon Coin Academy. L’escalade ne s’arrête pas au pétrole. L’Iran a attaqué deux installations d’aluminium dans la région. Le métal a bondi de 6 %. Les chaînes d’approvisionnement industrielles subissent un choc énergétique élargi, au-delà du seul secteur énergétique.

La logique est directe. Un pétrole durablement à 115 $ nourrit une inflation structurelle. Elle repousse les baisses de taux attendues par les marchés. Elle comprime la liquidité disponible pour les actifs risqués, dont le bitcoin. La Réserve fédérale se retrouve en position inconfortable : agir sur l’inflation sans étouffer une croissance déjà fragilisée par le conflit.

Bitcoin entre deux feux : actif risqué ou réserve de valeur ?

Le 1er avril, les déclarations de Massoud Pezeshkian signalant la volonté de Téhéran de mettre fin au conflit « sous conditions » avaient propulsé le bitcoin jusqu’à 68 500 dollars. Le Nasdaq bondissait de 3,8 %. Le S&P 500 progressait de 2,9 %. Les prix du pétrole reculaient de plus de 3 %. Ce mercredi 2 avril, le discours de Trump menaçant de frapper l’Iran « extrêmement fort » dans les deux à trois prochaines semaines a effacé ces gains : le bitcoin est retombé autour de 66 600 dollars, selon CoinDesk.

Ce cycle (espoir, titre, retournement) se répète depuis cinq semaines. Bitcoin évolue dans une fourchette de 65 000 à 73 000 dollars depuis le début du conflit. Il vend sur chaque escalade, mais refuse de s’effondrer structurellement. C’est là le signal à lire. JPMorgan a noté fin mars que le bitcoin résiste mieux à la crise iranienne que l’or et l’argent, observation contre-intuitive pendant une guerre active.

Pour comprendre les dynamiques de marché propres aux phases baissières prolongées, CrypCool a publié une analyse des cycles bear market qui éclaire la psychologie des investisseurs dans ce type de configuration.

Le paradoxe des flux institutionnels

Les ETF bitcoin ont enregistré 2,5 milliards de dollars d’entrées nettes sur les 30 derniers jours. Le produit de BlackRock figure parmi les ETF les plus performants au monde sur la période, selon BDOR. Les données de sorties nettes des plateformes d’échange confirment que des investisseurs transfèrent leur BTC hors des bourses, signe classique d’accumulation à long terme.

Le prix stagne. Les fondamentaux institutionnels s’améliorent. La capitalisation totale du marché crypto atteint 2,32 trillions de dollars, quasi stable sur une semaine pendant laquelle le Nasdaq 100 a chuté d’environ 5 %. Cette divergence mérite d’être retenue : elle dit quelque chose sur le rôle croissant de la crypto dans les portefeuilles institutionnels, y compris en temps de crise.

Les stablecoins, signal d’une adoption de nécessité

Un phénomène de fond vient compléter le tableau. Dans les zones touchées par le conflit, l’utilisation des stablecoins en dollars a progressé. Les populations y recourent comme refuge face à l’instabilité bancaire locale — une adoption de nécessité, distincte de la demande spéculative. Elle valide la thèse de la dollarisation numérique en période de crise et rappelle que la crypto n’est pas qu’un actif de marché occidental. Pour les investisseurs français, la lecture de cet article de CrypCool sur la corrélation bitcoin et dépendance aux marchés américains reste utile pour contextualiser ces flux.

NFP vendredi, FOMC fin avril : la séquence qui tranche

Le calendrier macro de la semaine à venir est déterminant. Le rapport sur l’emploi américain (NFP) sort vendredi 3 avril, Vendredi saint, marchés boursiers fermés. Le secteur crypto absorbera seul la réaction aux données. Un chiffre d’emploi décevant rouvrirait le débat sur un assouplissement monétaire anticipé. Un chiffre solide renforcerait la thèse d’un maintien durable des taux élevés. La réunion du FOMC des 28-29 avril constituera ensuite le prochain point de bascule pour les marchés.

CrypCool, PSAN enregistré auprès de l’AMF, rappelle que dans un contexte aussi instable, réévaluer son exposition reste prioritaire. Notre simulateur crypto permet de modéliser différents scénarios selon l’évolution du conflit et des taux. La variable dominante reste le conflit lui-même. Tant que le détroit d’Hormuz demeure fermé, l’équation inflation-taux-liquidité ne change pas. Le bitcoin, lui, continue de jouer sur les deux tableaux à la fois, ce qui, par conséquent, rend la lecture macro indispensable.