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Bitcoin et Ethereum officiellement reconnues comme matières premières aux Etats-Unis

Actualité du

23 mars 2026

Bitcoin et Ethereum officiellement matières premières aux États-Unis. Le mardi 17 mars 2026, la SEC et la CFTC ont publié conjointement un document interprétatif de 68 pages qui redéfinit le statut juridique des actifs numériques sous le droit fédéral américain. Pour la première fois depuis la création de Bitcoin, seize cryptomonnaies, dont Ethereum, Solana, XRP, Cardano, Chainlink et Dogecoin, sont formellement reconnues comme des « digital commodities », des matières premières numériques relevant de la supervision de la CFTC, et non de celle de la SEC. La distinction n’est pas cosmétique. Elle détermine les règles applicables aux plateformes d’échange, la nature des produits financiers autorisés et le traitement juridique applicable aux activités de staking ou de minage.

Une taxonomie numérique inédite

Le document introduit une classification en cinq catégories : matières premières numériques, objets de collection numériques, outils numériques, stablecoins et valeurs mobilières numériques. Seules ces dernières (essentiellement des versions tokenisées d’instruments financiers traditionnels tels que des actions ou des bons du Trésor américain) demeurent sous la supervision directe de la SEC. Pour qu’un actif soit qualifié de matière première numérique, il doit être « intrinsèquement lié au fonctionnement programmatique d’un système crypto fonctionnel » et sa valeur doit résulter de la dynamique offre-demande, non des efforts managériaux d’un tiers. Ce critère met fin à dix ans d’application du test Howey, standard juridique américain des années 1940 qui avait alimenté des contentieux coûteux contre Coinbase, Kraken et Ripple.

La publication fait suite à un protocole d’accord signé le 11 mars entre les deux agences, établissant une initiative conjointe d’harmonisation de la supervision. Le président de la SEC, Paul S. Atkins, a déclaré que cette interprétation fournirait aux acteurs du marché « une compréhension claire du traitement des actifs crypto sous les lois fédérales sur les valeurs mobilières. » Son homologue à la CFTC, Michael S. Selig, a été plus direct dans ses déclarations officielles. L’attente de clarification réglementaire, selon lui, est désormais terminée.

Staking et minage : les activités annexes clarifiées

Le texte prend également position sur les activités qui avaient fait l’objet des poursuites les plus controversées sous l’ère Gensler. Le staking, le minage et les airdrops sans contrepartie ne constituent plus des transactions sur valeurs mobilières selon cette interprétation. Les quatre principaux modèles de staking sont explicitement couverts. Ce point est structurant. Il ouvre la voie à une offre institutionnelle de services de staking sans exposition réglementaire immédiate, et devrait accélérer le développement de nouveaux produits sur les actifs désormais classifiés. Les plateformes d’échange peuvent proposer ces seize actifs sans risquer de poursuites SEC. Pour les investisseurs particuliers souhaitant acheter du Bitcoin ou acheter de l’Ether via un prestataire régulé, le signal est positif. Le cadre légal de leur actif se consolide durablement.

Bitcoin Ethereum matières premières : les implications macro-financières

La portée de cette décision dépasse le seul cadre réglementaire américain. Le basculement de seize actifs sous supervision CFTC réduit structurellement la prime de risque réglementaire qui pesait sur les valorisations crypto depuis 2021. Les gestionnaires d’actifs, les banques et les compagnies d’assurance qui conditionnaient leurs allocations à une clarification juridique disposent désormais d’un fondement documenté pour entrer sur ce marché. La convergence avec le cadre MiCA, en vigueur en Europe depuis décembre 2024, renforce cette dynamique. Désormais, les deux principaux blocs économiques mondiaux avancent vers une supervision explicite des actifs numériques, ce qui réduit les arbitrages réglementaires et facilite les flux institutionnels transfrontaliers. C’est précisément la trajectoire qu’analysait CrypCool dans sa lecture de l’avenir du marché crypto en 2026.

CrypCool, plateforme enregistrée PSAN auprès de l’AMF, suit ces évolutions pour accompagner ses clients dans un environnement de plus en plus structuré. Pour les investisseurs souhaitant comprendre les implications fiscales françaises de ces reclassifications (notamment au regard du cadre DAC8 en cours de transposition) la page fiscalité de CrypCool constitue un point de départ ancré dans le droit hexagonal.

Le CLARITY Act, dernière étape vers une loi permanente

Le signal est historique, mais sa portée demeure conditionnelle. Le document du 17 mars est une interprétation administrative, non un texte de loi. Le CLARITY Act, projet de loi portant codification de cette classification, a été adopté par la Chambre des représentants américaine en juillet 2025 et a passé la commission Agriculture du Sénat en janvier 2026. Il attend désormais un examen devant la commission bancaire du Sénat avant un vote en séance plénière. Le sénateur Kevin Cramer a indiqué mi-mars qu’un passage en commission avant Pâques était envisageable. Tant que ce texte ne passe pas la promulgation, la classification Bitcoin Ethereum matières premières SEC CFTC restera une directive administrative, exposée à un retournement de majorité ou à un contentieux judiciaire. La SEC a elle-même qualifié cette décision d' »étape majeure » et non d’une finalisation du cadre, précaution de langage qui dit beaucoup sur les batailles législatives encore à venir.