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Le CLARITY Act déraille : Coinbase brise le compromis

Actualité du

26 mars 2026

Ce mardi 25 mars, CLARITY Act et Coinbase se retrouvent à nouveau en collision ouverte. Des représentants de l’exchange ont signifié aux bureaux du Sénat américain leur refus de soutenir la dernière version du texte. Ils citent des « préoccupations significatives » sur les restrictions imposées au rendement des stablecoins. Punchbowl News rapporte l’information. Elle replonge dans l’incertitude la loi crypto la plus structurante des États-Unis depuis la création de Bitcoin.

Un accord de principe sabordé en cinq jours

Le 20 mars, les sénateurs Thom Tillis (R-NC) et Angela Alsobrooks (D-MD) avaient annoncé un compromis sur le yield. La Maison-Blanche l’avait adossé de son soutien. Le texte interdisait tout rendement passif sur les stablecoins. En contrepartie, il autorisait des récompenses liées à une activité réelle — paiements, transferts, usage de plateforme. L’industrie avait salué l’annonce. Pourtant, cinq jours plus tard, Coinbase réduit ce consensus à néant.

Pourquoi Coinbase rejette les restrictions sur le yield stablecoin

La formulation est jugée « trop étroite et peu claire », selon les sources citées par Punchbowl News et confirmées par CoinDesk. Le problème est précis. Le texte interdit tout schéma « économiquement équivalent à un dépôt bancaire ». Or cette définition cible potentiellement le modèle de redistribution de l’USDC — et donc une source de revenus centrale pour Coinbase.

L’enjeu commercial : le modèle USDC en ligne de mire

Circle émet l’USDC. Elle collecte les intérêts générés par les bons du Trésor constituant ses réserves. Elle en reverse ensuite une partie à Coinbase. Coinbase redistribue ces intérêts à ses utilisateurs. Ce « pass-through » représente une source de revenus à haute marge. Ainsi, selon l’analyste Amir Hajian (Keyrock), cité par CoinDesk, le dernier texte « tire le tapis » sous ce modèle.

Le marché a sanctionné immédiatement. Le titre COIN a reculé d’environ 8 % et a clôturé à 181,10 dollars, sous le seuil symbolique des 200 dollars. Par ailleurs, Circle (CRCL) a cédé entre 18 et 20 % en séance. Ces deux baisses traduisent une même réalité : le risque législatif s’intègre désormais dans les cours.

L’effet miroir de janvier

Ce retrait rappelle celui de janvier. Brian Armstrong avait alors stoppé un vote en commission. Il avait déclaré préférer « pas de loi à une mauvaise loi ». L’épisode actuel est plus feutré : Coinbase transmet son opposition directement dans les couloirs du Sénat, sans communiqué officiel. Néanmoins, le signal reste identique ; la méthode seule diffère.

CLARITY Act : une course contre la montre législative

Cinq étapes restantes avant une signature présidentielle

Le CLARITY Act codifie en droit fédéral la distinction entre « matière première numérique » et « titre financier ». Cette distinction détermine si c’est la CFTC ou la SEC qui régule chaque actif. La Chambre des représentants a adopté une version du texte en juillet 2025. Il reste toutefois cinq étapes séquentielles avant une signature présidentielle. La prochaine est un vote en commission au Sénat Banking, que les sénateurs visent pour la deuxième quinzaine d’avril, après la pause de Pâques.

Le sénateur Bernie Moreno a été explicite. Si le texte n’atteint pas le plancher du Sénat avant mai, il risque d’être repoussé après le cycle des midterms. Pour l’industrie, cela représente dès lors un recul d’un an ou plus.

Ce que cela signifie pour les acteurs sous régulation française

Pour les acteurs crypto sous supervision française — dont CrypCool, enregistré PSAN auprès de l’AMF —, les enjeux dépassent les frontières américaines. En effet, une définition fédérale claire des catégories d’actifs numériques renforcerait la cohérence avec MiCA en Europe. Elle faciliterait en outre l’accès institutionnel et la lisibilité fiscale pour les détenteurs français.

La position de Coinbase, premier exchange américain coté en Bourse, reste un signal d’alarme. Le compromis censé débloquer le texte a peut-être créé un nouveau point de rupture. Le marché attend donc désormais une réponse des sénateurs Tillis et Alsobrooks. Si aucun accord n’émerge avant fin avril, les perspectives du marché crypto pour 2026 pourraient être revues à la baisse.