Icône Bitcoin (BTC)

BTC

— € —%
Ethereum (ETH)

ETH

— € —%
VeraOne (VRO)

VRO

— €/g —%

Washington ouvre le chantier de la tokenisation mondiale

Actualité du

25 mars 2026

Ce mercredi 25 mars 2026, la tokenisation des actifs réels entre en séance au Congrès américain. La commission des services financiers de la Chambre des représentants ouvre ses travaux à 10h00 EDT. Elle se réunit salle 2128 du Rayburn House Office Building à Washington, sous l’intitulé Tokenization and the Future of Securities: Modernizing Our Capital Markets. C’est la plus significative jamais consacrée au sujet par le législateur américain. Au 23 mars 2026, les actifs tokenisés représentaient 26,48 milliards de dollars en valeur distribuée on-chain, en progression de 5,25 % sur trente jours, selon rwa.xyz. Ce chiffre n’est pas un horizon prospectif. C’est la raison concrète pour laquelle le Congrès ne peut plus temporiser.

Un marché de 26 milliards de dollars sans fondation légale

Les grandes institutions financières sont déjà positionnées. BlackRock, JPMorgan, Franklin Templeton, Nasdaq et Circle ont déployé des produits tokenisés à grande échelle. Ce qui fait défaut, c’est le fondement légal. En l’absence d’une définition statutaire claire, chaque émetteur, chaque plateforme et chaque custodian opère sous une incertitude juridique permanente. La question centrale est directe : un actif tokenisé relève-t-il de la SEC ou de la CFTC ? La réponse détermine tout : les obligations d’enregistrement, les règles de protection des investisseurs, les conditions de cotation. Sans réponse législative, les investissements institutionnels restent bridés par le risque réglementaire.

Le signal de la guidance conjointe SEC-CFTC

Le 18 mars 2026, la SEC et la CFTC avaient publié une interprétation conjointe sur la classification des actifs numériques. Ce texte de 18 pages représente leur position coordonnée la plus complète à ce jour. Il affirme qu’un token décentralisé et fonctionnel relève en principe de la CFTC. Ce texte crée un précédent. L’audition du 25 mars est l’étape suivante : faire entrer le Congrès dans l’équation.

Les deux projets de loi soumis à la commission

Deux textes sont à l’agenda, sous la présidence de French Hill (Arkansas). Le premier, le Modernizing Markets Through Tokenization Act, impose à la SEC et à la CFTC une étude conjointe. Son objet : déterminer si le cadre réglementaire actuel est adapté aux titres tokenisés et aux produits dérivés sur actifs numériques. Le second, le Capital Markets Technology Modernization Act, va plus loin dans l’opérationnel. Il codifie le droit des courtiers, agents de transfert et conseillers financiers à tenir leurs registres sur blockchain, dans le respect des règles SEC existantes. La commission des services financiers a convoqué cinq témoins : Christian Sabella, John Zecca, Salman Banaei, Kenneth Bentsen Jr. et Summer Mersinger, directrice générale de la Blockchain Association. Les questions posées dépassent le technique. La commission cherche à savoir si les lacunes actuelles sont des angles morts structurels ou des zones grises appelées à se préciser via les régulateurs.

CLARITY Act : une semaine législative sous haute tension

Cette audition ne se tient pas de manière isolée. Elle s’inscrit dans une séquence législative dense. Le Digital Asset Market Clarity Act — dit CLARITY Act — a franchi une étape clé la semaine passée. Les sénateurs Thom Tillis et Angela Alsobrooks ont annoncé un accord de principe sur les rendements des stablecoins. C’était l’obstacle qui bloquait le texte depuis des mois. La commission sénatoriale des affaires bancaires vise désormais un markup en avril 2026. Le sénateur Moreno a averti publiquement : sans adoption avant mai, la législation crypto américaine pourrait ne pas avancer pendant des années.

La NASAA et les régulateurs d’État entrent dans le débat

L’article 505 du CLARITY Act est central pour la tokenisation des titres. Il confirme que les instruments présentant les caractéristiques économiques d’un titre restent des titres, quelle que soit leur forme blockchain. La NASAA, association regroupant les régulateurs de valeurs mobilières des 50 États, a soumis une lettre formelle pour le dossier. Elle exhorte le Congrès à préserver les pouvoirs de supervision fédéraux et étatiques. Trente et un régulateurs d’État avaient déjà envoyé un courrier collectif en ce sens le 12 mars. A notre échelle française, les implications réglementaires comparables en Europe (DAC8, MiCA, cadre AMF) sont couvertes sur la page fiscalité crypto de CrypCool, enregistré PSAN auprès de l’AMF.

Ce que l’audition du 25 mars change pour les marchés

Cette journée envoie un signal structurel. Ce n’est pas une séance exploratoire sur une technologie émergente. DTCC, Nasdaq et les grandes banques de dépôt américaines attendent le feu vert légal pour industrialiser ce qu’elles ont testé en pilote. Un consensus législatif ouvre la voie à des émissions tokenisées de bons du Trésor et d’obligations d’entreprises à horizon de quelques trimestres.

La tokenisation des actifs réels réduit les coûts de règlement, améliore la liquidité des marchés secondaires et ouvre la négociation 24h/24. La valeur représentée totale, incluant les tokens verrouillés en plateforme, atteignait 387,35 milliards de dollars au 23 mars. L’enjeu n’est plus de convaincre les institutions. Ce que le Congrès décide cette semaine déterminera si les États-Unis fixent les standards mondiaux, ou laissent Singapour et le Royaume-Uni le faire à leur place. Pour une lecture macro sur l’institutionnalisation du marché crypto, notre analyse Avenir du marché crypto 2026 développe les dynamiques en cours. Les investisseurs souhaitant réévaluer leur exposition à ces tendances peuvent utiliser le simulateur CrypCool.