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Ormuz sous ultimatum : Bitcoin entre deux feux

Actualité du

23 mars 2026

Ce lundi 23 mars, l’ultimatum Trump-Iran sur le détroit d’Ormuz expire en soirée. Et c’est toute la planète financière qui regarde l’horloge. Posté samedi soir sur Truth Social, le message de Donald Trump était sans équivoque. Si l’Iran ne rouvre pas totalement ce passage maritime stratégique dans les 48 heures, les États-Unis frapperont ses centrales électriques. Téhéran a répondu par une contre-menace symétrique : fermeture intégrale du détroit, frappes sur les infrastructures énergétiques et de dessalement dans la région. L’escalade est verbale, mais ses effets sur les marchés sont déjà mesurables.

299 millions de dollars liquidés en 24 heures

La réaction du marché à l’ultimatum Trump-Iran a été immédiate. Bitcoin est passé de 75 912 dollars à 68 241 dollars en quelques heures dans la nuit de samedi à dimanche, effaçant l’intégralité du rallye de la semaine précédente. Ce lundi matin, le cours oscille autour de 68 300 dollars, selon les données de CoinDesk. Les liquidations forcées ont totalisé 299 millions de dollars sur 24 heures, avec 85% frappant des positions longues. Le plancher technique à 67 343 dollars a brièvement cédé avant une légère reprise. Mais la résistance à 69 200 dollars bloque tout rebond net.

La dynamique des leviers, accélérateur de chute

Le moment choisi par Trump (un samedi soir, avec des marchés en fine liquidité) a amplifié le mouvement. Le marché crypto portait une charge haussière importante après la posture accommodante de la Fed. Quand les positions longues se sont dénouées, elles l’ont fait en cascade. Les altcoins ont suivi : Ethereum a glissé vers 2 057 dollars, XRP a perdu 2,6% à 1,41 dollar.

Le détroit d’Ormuz, choke point mondial

L’enjeu dépasse le marché crypto. Selon l’Energy Information Administration américaine, environ 20% du pétrole et du gaz mondial transitent par ce bras de mer de 33 kilomètres. La société d’analyse Kpler estime que le transit de marchandises y a chuté de 95% depuis le début du conflit, le 28 février. Le baril de Brent dépasse 112 dollars ce matin, selon France 24. Goldman Sachs qualifie la disruption de « plus grand choc d’approvisionnement jamais enregistré sur les marchés pétroliers mondiaux » en relevant sa prévision annuelle pour le Brent.

La Fed prise en étau

Ce choc énergétique perturbe le calendrier monétaire américain. La Fed a maintenu ses taux entre 3,5% et 3,75% et relevé sa projection d’inflation 2026 à 2,7%, en partie sous l’effet du choc pétrolier iranien. Les marchés, qui anticipaient encore la semaine dernière des baisses de taux portées par la posture accommodante de la banque centrale, recalculent leur scénario. La probabilité d’une hausse de taux d’ici octobre 2026 est remontée à 50% sur les marchés de dérivés, selon CoinCentral. C’est un rappel que la corrélation entre Bitcoin et les décisions américaines reste un paramètre structurel, pas conjoncturel.

Ultimatum Trump-Iran : deux scénarios pour ce soir

L’expiration de l’ultimatum, attendue vers 1h44 heure de Paris dans la nuit de lundi à mardi, fixe le calendrier. Deux lectures dominent les calculs des traders. Si Téhéran concède ou si une fenêtre diplomatique s’entrouvre, un rebond de soulagement vers 72 000 à 75 000 dollars est probable. Dans le scénario inverse, une frappe américaine sur les centrales iraniennes pourrait pousser Bitcoin vers 65 000 dollars.  Dès lors, une vague secondaire de liquidations estimée à 608 millions de dollars supplémentaires pourrait être déclenchée.

Un signal d’espoir, mais non confirmé

Des signaux ambigus alimentent l’incertitude ce matin. Jeudi dernier, Trump lui-même indiquait les États-Unis « très proches » de leurs objectifs militaires et évoquait un possible désengagement. Des discussions autour d’un allègement temporaire des sanctions pétrolières iraniennes, associées au nom du secrétaire au Trésor Scott Bessent, ont circulé (sans confirmation officielle) dans la presse financière américaine. Ce qui est documenté, en revanche, c’est l’incohérence des signaux de la Maison-Blanche. En 36 heures, Trump a émis un signal de trêve, puis une ouverture à des négociations, puis l’ultimatum. Cette volatilité narrative a elle-même amplifié la volatilité des marchés.

Bitcoin tient et c’est un signal

Ce qui retient l’attention des analystes ce matin n’est pas tant la chute que la résistance relative. L’or, actif refuge par excellence, enchaîne une neuvième séance de baisse consécutive pour tomber autour de 4 360 dollars. Les marchés actions asiatiques frôlent les seuils de correction. Bitcoin, lui, tient au-dessus du support clé à 66 000 dollars et surperforme la plupart des actifs traditionnels sur la période. Ce comportement rappelle la séquence de février 2022 lors de l’invasion russe de l’Ukraine : chute initiale dictée par la panique, puis rebond rapide, puis consolidation volatile. Voir notre analyse de l’or et du Bitcoin comme valeurs refuge.

Les fondamentaux crypto n’ont pas bougé. Les ETF Bitcoin spot continuent d’attirer des flux entrants. La classification de plusieurs tokens comme matières premières numériques par la SEC, le GENIUS Act, et le CLARITY Act au Sénat américain restent des catalyseurs structurels de fond. Ce que l’ultimatum Trump-Iran a suspendu, c’est le sentiment, pas la thèse d’investissement. Pour mesurer l’impact de ces scénarios de prix sur votre exposition personnelle, le simulateur CrypCool permet d’évaluer en temps réel différents niveaux de marché.