Le bitcoin reste sous 80 000 dollars ce lundi 7 septembre 2026, à 79 794 dollars (-0,2 % sur 24 heures), l’ether à 2 501 dollars. Les grands investisseurs américains sont pourtant revenus en force la semaine dernière. Ce sont l’emploi américain, les frappes contre l’Iran et un incident sur le réseau Liquid qui bloquent le cours.
Jeudi, le constat était inverse : les gros porteurs quittaient le bitcoin pendant que le cours faisait du surplace. En trois jours, le tableau s’est retourné. La demande est là. C’est le monde extérieur qui la neutralise.
Un milliard de dollars en une semaine dans les ETF Bitcoin
Les fonds cotés en Bourse adossés au bitcoin, qui permettent d’y investir depuis un compte-titres ordinaire, ont attiré 987 millions de dollars nets sur la semaine close le 4 septembre, selon les données SoSoValue. C’est la troisième semaine positive d’affilée, pour un cumul proche de 3,8 milliards. Le fonds IBIT de BlackRock capte à lui seul 691,5 millions.
La journée de jeudi concentre l’essentiel. Les ETF ont encaissé 731 millions de dollars en une seule séance, la plus forte depuis le 14 janvier. Le bitcoin est repassé au-dessus de 81 000 dollars dans la foulée. Vous pouvez suivre l’évolution en direct sur la page du cours du bitcoin.
Le retour est massif. Il n’a pourtant tenu que quelques heures.
L’emploi américain relance la hausse des taux
Vendredi 4 septembre, le rapport mensuel du Bureau of Labor Statistics a montré 162 000 créations d’emplois en août. Le consensus attendait entre 53 000 et 56 000. La moyenne des douze mois précédents n’était que de 31 000. Le taux de chômage reste à 4,1 % et les salaires horaires progressent de 3,1 % sur un an.
Une économie qui embauche autant n’a pas besoin d’être soutenue. La Réserve fédérale peut donc remonter ses taux pour contenir l’inflation. Les contrats à terme donnent désormais 58 à 62 % de chances à une hausse lors de la réunion des 15 et 16 septembre, contre environ 55 % avant la publication.
Des taux plus hauts rendent les placements sans risque plus rémunérateurs. L’argent se détourne alors des actifs volatils comme le bitcoin. Le cours est retombé sous 80 000 dollars dans l’heure, jusqu’à 79 197 dollars. Les entrées dans les ETF ont chuté à 175 millions vendredi, quatre fois moins que la veille. Ce couple bitcoin et Fed était déjà le seul sujet du marché fin août.
Les frappes contre l’Iran renchérissent le pétrole
Samedi 5 septembre, l’armée américaine a frappé trois pétroliers iraniens, dont un près de l’île de Kharg et un autre dans le golfe d’Oman. Le commandement central américain présente l’opération comme une riposte à deux tirs de missiles balistiques contre un porte-avions et un destroyer.
Le brut a réagi. Le WTI, référence américaine, se traite autour de 92 dollars le baril, le Brent autour de 97 dollars, en hausse d’environ 60 % depuis le début de l’année. Un pétrole cher nourrit l’inflation. L’inflation appelle des taux plus hauts. Et des taux plus hauts pèsent sur le bitcoin. La chaîne est courte, et le marché la connaît par cœur.
Washington a aussi fait des cryptos un outil de sanction contre Téhéran, ce qui rappelle que le dossier iranien ne touche pas le secteur que par le pétrole.
Liquid Network, un motif de prudence propre au secteur
Dimanche soir, une faille logicielle a permis de retirer environ 4 000 bitcoins, soit 320 millions de dollars, du portefeuille de la fédération Liquid, la chaîne latérale de Blockstream utilisée par plusieurs plateformes d’échange. Le réseau a suspendu toutes ses transactions. Les auteurs se présentent comme des « chapeaux blancs » et disent vouloir restituer les fonds. Blockstream évoque un bug du logiciel Elements, pas une clé compromise.
L’incident ne touche pas le protocole Bitcoin lui-même. Il rappelle en revanche que la garde des actifs reste le point faible du secteur, un sujet sur lequel CrypCool, prestataire de services sur actifs numériques enregistré sous le numéro E2023-096, détaille son dispositif de sécurité.
Le signal : une demande réelle, un cours dicté par Washington
Le constat tient en une phrase. La demande est revenue, avec près d’un milliard de dollars entrés en une semaine, mais chaque bonne nouvelle pour l’économie américaine ou chaque tension au Moyen-Orient l’annule aussitôt. Le bitcoin se comporte comme une action technologique, sensible aux taux, pas comme une valeur refuge. Cette dépendance aux États-Unis est désormais le premier facteur de son prix.
Prochaine étape : l’inflation américaine d’août, publiée vendredi 11 septembre. Ce sera le dernier chiffre avant la décision de la Réserve fédérale, cinq jours plus tard. Un chiffre élevé rendrait la hausse des taux quasi certaine. Un chiffre sage laisserait au marché de quoi retrouver les 80 000 dollars.
FAQ
Pourquoi le bitcoin est-il repassé sous 80 000 dollars ?
Le rapport sur l’emploi américain du 4 septembre (162 000 créations contre 53 000 à 56 000 attendues) a fait monter à près de 60 % la probabilité d’une hausse des taux de la Fed le 16 septembre. Le bitcoin a perdu 2 à 3 % dans l’heure, jusqu’à 79 197 dollars.
Les ETF Bitcoin achètent-ils encore ?
Oui : 987 millions de dollars nets sur la semaine close le 4 septembre, dont 731 millions le seul jeudi, meilleure séance depuis le 14 janvier. Les entrées sont retombées à 175 millions vendredi après le chiffre de l’emploi.
Que s’est-il passé sur Liquid Network ?
Un bug logiciel a permis de retirer environ 4 000 bitcoins (320 millions de dollars) de la fédération Liquid le 6 septembre. Le réseau est suspendu, les auteurs se disent « chapeaux blancs » et proposent de restituer les fonds. Le protocole Bitcoin n’est pas concerné.