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Jack Dorsey veut sa banque à bitcoins, sans dépôts ni crédits

Actualité du

9 septembre 2026

Block banque bitcoin : la société de Jack Dorsey (Square, Cash App) a annoncé mardi 8 septembre 2026 avoir demandé à l’OCC, le régulateur fédéral des banques américaines, l’autorisation de créer Builders Bank & Trust. Le dossier public, daté du 4 septembre, décrit un établissement d’un seul métier : la conservation, c’est-à-dire la garde sécurisée de bitcoins et de stablecoins, ces jetons qui valent toujours un dollar. Block rejoint ainsi la file des sociétés crypto qui s’installent sous la surveillance directe du régulateur bancaire.

Une banque qui ne collecte rien et ne prête rien

Builders Bank ne sera pas une banque au sens courant. Elle ne collectera pas de dépôts et n’accordera pas de crédits. Ses clients ne bénéficieront donc pas de la garantie fédérale des dépôts, celle qui rembourse les épargnants américains jusqu’à 250 000 dollars en cas de faillite. Le dossier déposé auprès de l’OCC parle d’une « uninsured national trust bank », installée à Sioux Falls, dans le Dakota du Sud, sans agence physique.

Son périmètre est précis : garde fiduciaire de bitcoins, exécution d’ordres d’achat et de vente, règlement et transfert de stablecoins. Block y regroupera la conservation qu’il assure déjà pour les utilisateurs de Cash App et les commerçants de Square. Le volume de bitcoins traité en 2025 atteint 10,7 milliards de dollars. La direction est confiée à Lee Woolley, un banquier passé par Northern Trust et BNY Mellon.

Pourquoi Block veut une licence fédérale

Ce choix a une logique. Aujourd’hui, Block opère avec plus de 50 licences d’État de transmetteur de fonds, obtenues une par une. Une charte fédérale remplace cet empilement par un seul cadre national. C’est ce qui explique la ruée : depuis 2025, l’OCC a reçu 40 demandes de création de banques, contre 48 sur toute la période 2011-2024. Il en a approuvé 21 et refusé 2.

Coinbase, Circle, Ripple, Paxos et BitGo ont déjà leur accord conditionnel. Revolut, la néobanque britannique très présente en France, a obtenu le sien le 3 septembre, pour une banque nationale complète cette fois, avec crédits et cartes. Le patron de l’OCC, Jonathan Gould, y voit « le signe d’un système bancaire en bonne santé ». Un mouvement de cette ampleur intéresse aussi les entreprises françaises qui ouvrent un compte crypto professionnel : la garde de leurs actifs devient un métier réglementé à part entière.

Deux modèles de garde crypto, Washington contre Bruxelles

Aux États-Unis, la garde des cryptos passe désormais par le régulateur bancaire. En Europe, elle relève du règlement MiCA et d’un agrément délivré par les autorités de marché.

Deux modèles se dessinent. D’un côté, la crypto absorbée par la banque. De l’autre, la crypto encadrée comme un marché financier. Le succès de la voie américaine, mesuré au nombre de candidats, pèsera sur la révision de MiCA, dont la consultation se clôt le 30 septembre. La question posée aux gérants américains sur la garde de leurs fonds, traitée dans notre brève sur l’attente d’un feu vert de la SEC, trouve ici une réponse par un autre régulateur.

FAQ

Qu’est-ce que Builders Bank, la banque demandée par Block ?
Builders Bank & Trust est une « trust bank » nationale non assurée, dont la demande a été annoncée le 8 septembre 2026. Elle ne prendra pas de dépôts et n’accordera pas de crédits ; son seul métier sera la garde de bitcoins et de stablecoins, sous supervision de l’OCC.

Combien de sociétés crypto ont obtenu une charte bancaire aux États-Unis ?
Depuis 2025, l’OCC a reçu 40 demandes, en a approuvé 21 et refusé 2. Coinbase, Circle, Ripple, Paxos, BitGo et Revolut figurent parmi les accords conditionnels déjà accordés.

En quoi la garde crypto diffère-t-elle entre les États-Unis et l’Europe ?
Aux États-Unis, la garde passe désormais par le régulateur bancaire fédéral. En Europe, elle relève du règlement MiCA et d’agréments délivrés par les autorités de marché, comme l’AMF en France, où CrypCool est enregistré comme PSAN.