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Stablecoins : Circle décroche son passeport MiCA via l’AMF

Actualité du

5 mai 2026

L’agrément MiCA Circle vient d’être confirmé. L’Autorité des marchés financiers a autorisé Circle France à proposer des services de conservation et de transfert sur l’USDC et l’EURC. La portée couvre tout l’Espace économique européen. La décision, datée du 20 avril 2026, a été rendue publique ce mardi 5 mai par l’émetteur américain via un communiqué officiel. Elle complète la licence d’établissement de monnaie électronique obtenue auprès de l’ACPR fin 2024.

Une autorisation délivrée au titre de l’article 60(4)

L’autorisation s’inscrit dans le cadre de l’article 60(4) du règlement européen Markets in Crypto-Assets. Elle couvre deux services régulés. D’un côté, la conservation de crypto-actifs. De l’autre, le transfert pour le compte de clients. Circle France peut désormais opérer ces prestations directement sur l’USDC et l’EURC, ses deux stablecoins phares, auprès de la clientèle européenne.

L’enchaînement réglementaire est cohérent. L’enregistrement PSAN remonte à avril 2024. La licence EMI a suivi fin 2024. L’agrément MiCA Circle ferme la boucle : émission, garde et transfert sont couverts par un cadre unique. Pour CrypCool, PSAN agréé par l’AMF, cette consolidation confirme la valeur du référentiel français en matière de conformité crypto.

Ce que l’agrément change pour les utilisateurs européens

L’effet pratique se concentre sur l’infrastructure. Les plateformes européennes disposent d’un fournisseur intégralement régulé pour la garde de l’USDC et de l’EURC. Le droit de rachat 1:1 contre euro ou dollar reste assuré par l’émetteur. Pour les institutionnels, le critère MiCA pèse lourd. Il oriente les décisions de listing et les partenariats bancaires sur le continent.

Stablecoins euro : un marché marginal face au dollar

La portée macro reste contenue à court terme. Les stablecoins libellés en euro pèsent environ 757 millions d’euros au total. L’EURC en concentre près de la moitié. Sa capitalisation atteint près de 370 millions de tokens en circulation, selon les données CoinGecko. À côté, les stablecoins dollar dépassent 320 milliards, dont plus de 77 milliards pour le seul USDC.

L’écart est structurel. Le dollar reste la devise dominante du trading crypto. MiCA n’a pas inversé cette dynamique. La régulation a écarté Tether du marché européen sans déclencher de bascule massive vers l’euro tokenisé. Les usages restent calibrés sur le billet vert, en particulier dans la DeFi et sur les volumes d’échange.

Société Générale-FORGE, Banking Circle, Monerium : la concurrence s’intensifie

La compétition pour le statut de stablecoin euro de référence se densifie. EURCV de Société Générale-FORGE, EURI de Banking Circle, EURE de Monerium : trois acteurs européens visent le même créneau. Aucun n’atteint pour l’instant la masse critique de l’EURC. La position de Circle reste dominante sur le segment euro.

Sur le terrain de la stabilité, Circle conserve une avance technique. Plusieurs concurrents ont connu des épisodes de dépeg en 2025 et début 2026. L’EURC est resté ancré à sa parité sur la même période. La transparence des réserves, attestée mensuellement par un cabinet du Big Four, fait partie de l’argumentaire commercial de l’émetteur.

Le signal pour le marché crypto français

L’événement renforce le positionnement de Paris dans le dispositif européen. Le règlement MiCA crypto-actifs structure désormais le marché. L’AMF apparaît comme un guichet exigeant mais lisible pour les émetteurs internationaux. Pour les acteurs français (exchanges, custodians, plateformes PSAN) la présence d’un opérateur entièrement conforme côté stablecoin sécurise la chaîne de valeur. La conformité réglementaire et la transparence deviennent des actifs compétitifs.

Du côté des flux, l’effet sera progressif. Les volumes quotidiens d’EURC oscillent entre 30 et 56 millions de dollars selon les données récentes. L’usage paiement reste embryonnaire. La traction réelle de l’euro tokenisé dépendra moins du cadre réglementaire que de la disponibilité d’une infrastructure de paiement intégrée à grande échelle.

Pour le marché français, le signal est double. La conformité devient un actif compétitif. Les stablecoins régulés s’installent durablement dans l’écosystème, dans un cadre désormais stabilisé entre AMF, ACPR et MiCA — à mettre en parallèle avec l’évolution fiscale crypto en France.