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Crypto : pourquoi Bruxelles veut taxer vos transactions

Actualité du

3 juin 2026

La taxe crypto Europe entre dans une phase décisive. Ce mercredi 3 juin 2026, la Commission européenne confirme l’examen d’un prélèvement sur les cryptoactifs pour financer son budget 2028-2034. Selon un document transmis aux États membres le 28 mai et consulté par Euronews, trois nouvelles taxes (crypto, numérique et jeux en ligne) pourraient rapporter près de 11 milliards d’euros par an.

Taxe crypto Europe : deux modèles de prélèvement à l’étude

Le document dessine deux options. La première vise les transactions. Un taux de 0,1 % sur la valeur échangée rapporterait 3 à 4 milliards d’euros par an, sur la base des volumes 2025. La seconde cible les plus-values, pour 1 à 2,4 milliards, à partir de données de 2022. À côté, une taxe numérique de 3 % viserait environ 5 milliards, et un prélèvement sur les jeux en ligne près de 1,9 milliard. L’ensemble alimenterait les « ressources propres » de l’Union, destinées notamment à rembourser l’emprunt Next Generation EU, comme le détaille L’Agence Europe.

Un taux faible, des volumes considérables

Le taux paraît modeste. Il s’applique pourtant à des flux massifs. C’est là tout l’intérêt budgétaire du dispositif pour Bruxelles.

Un projet que la Commission juge elle-même fragile

La Commission reconnaît la limite de son calcul. Le volet crypto reste, écrit-elle dans sa fiche budgétaire, l’estimation la plus incertaine du document. La volatilité brouille les projections. Le caractère décentralisé du secteur complique la collecte : plateformes hors UE, portefeuilles auto-hébergés, localisation difficile des utilisateurs. S’ajoute un verrou politique. Toute mesure fiscale exige l’unanimité des Vingt-Sept. À ce stade, seule la taxe sur les jeux en ligne recueille un soutien initial.

Le cadre français : AMF, MiCA et DAC8

La lecture française change la perspective. Le règlement MiCA encadre déjà les acteurs depuis fin 2024. La directive DAC8 impose, depuis janvier 2026, la collecte des données de transactions. Ce reporting donnerait aux administrations la visibilité qui manque encore au projet, comme le souligne Cryptonomist. En tant que PSAN enregistré auprès de l’AMF, CrypCool rappelle que conformité et traçabilité priment sur l’effet d’aubaine.

Taxe crypto Europe : le signal pour les investisseurs

Le signal n’est pas un prix, mais une trajectoire. L’Europe glisse de la régulation vers l’extraction de recettes. Aucun impact de marché immédiat n’est mesurable : le texte vise 2028 et reste suspendu à l’unanimité. Les investisseurs surveilleront le premier texte de compromis, attendu dans la première quinzaine de juin, puis un accord espéré fin 2026. Pour anticiper, mieux vaut réévaluer dès maintenant son exposition et sa fiscalité crypto, au besoin via un simulateur dédié.