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Quand la trésorerie crypto se retourne contre ses pionniers

Actualité du

4 juin 2026

Le modèle de trésorerie crypto vacille. Ce jeudi 4 juin 2026, Bitmine, premier détenteur mondial d’ether, affiche près de 8,9 milliards de dollars de pertes latentes. En cause : la chute de l’ether sous 1 800 dollars, qui rabote un trésor bâti au prix fort. Le signal dépasse une seule entreprise. On peut suivre le repli sur le cours de l’Ethereum en direct.

Trésorerie crypto : Bitmine, le cas qui cristallise les doutes

Bitmine concentre les regards. La société présidée par l’analyste Tom Lee détient plus de 5,4 millions d’ether, soit environ 4,5 % de l’offre en circulation. Au cours actuel, ce trésor vaut près de 10 milliards de dollars. Le coût d’acquisition, lui, était bien plus élevé. D’où des pertes sur le papier estimées à 8,9 milliards, selon CoinDesk.

L’action a reculé de 28 % depuis début mai. Elle est tombée à son plus bas niveau depuis l’adoption de cette stratégie en 2025. Tant qu’aucune vente n’intervient, ces pertes restent théoriques. Elles fragilisent toutefois la confiance et la capacité à se refinancer. Tom Lee défend une perte « par construction », comparant son véhicule à un fonds indiciel, comme le rapportait The Block. L’argument tient sur le cycle. Il pèse moins sur la trésorerie immédiate.

Une mécanique copiée sur MicroStrategy

Le procédé est connu. Lever des fonds en Bourse, puis acheter de la crypto. Strategy, ex-MicroStrategy, l’a popularisé. Le modèle tient tant que les cours montent et que le capital afflue. Quand les deux se grippent, il se tend. Signe des temps : Strategy a cédé 32 bitcoins, sa première vente depuis 2022, selon un dépôt auprès de la SEC. Le volume est dérisoire. Le symbole entaille la doctrine du « jamais vendre », comme l’analyse notre brève dédiée à la vente de Strategy.

Le pari du capital permanent

Bitmine cherche désormais de l’air. La firme prépare une émission d’actions préférentielles à dividende de 9,5 %, pour lever jusqu’à 300 millions de dollars sous le symbole BMNP, rapporte CoinDesk. L’objectif est clair. Financer la stratégie sans diluer à l’excès. Le coût de ce capital, lui, grimpe avec la défiance.

Les ETF, l’autre courroie qui se grippe

La pression vient aussi des fonds cotés. Les ETF bitcoin au comptant américains, porte d’entrée des institutionnels depuis 2024, enchaînent les rachats. Onze séances de sorties nettes avaient déjà retiré environ 3,45 milliards de dollars depuis la mi-mai, selon les données SoSoValue relayées par CoinDesk. Le 3 juin, une douzième séance a prolongé la série. Les encours sont passés de 104,29 à environ 94 milliards de dollars entre le 15 et le 29 mai. Les ETF ether subissent une série de rachats encore plus longue. Seuls les produits liés à Hyperliquid (HYPE) attirent encore de l’argent frais, note CoinDesk.

Une réserve s’impose. Des chiffres plus lourds circulent — treize séances, 4,37 milliards de sorties, 82,83 milliards d’encours. Ils ne sont pas corroborés par les trackers de référence à l’heure de publication. Ils sont donc signalés, sans être affirmés.

Trésorerie crypto et macro : le vrai signal pour l’investisseur

Le fond du dossier est macroéconomique. Tant que le cash et les obligations rémunèrent, les actifs sans rendement souffrent. La Réserve fédérale n’a quasiment pas ouvert la porte à une baisse de taux. Les flux quittent le risque crypto, souvent vers les actions liées à l’IA. La rotation est nette, pas la panique. Cette institutionnalisation heurtée reste le fil rouge de 2026.

Le signal clé tient en une phrase : un modèle de trésorerie crypto financé sur les marchés ne vaut que ce que valent l’accès au capital et le prix du sous-jacent. En tant que PSAN enregistré auprès de l’AMF, CrypCool rappelle qu’une telle séquence invite moins à réagir qu’à réévaluer son exposition via le simulateur crypto. Aucune prédiction ici. Seulement un cap de lecture.