Bitcoin et hausse des taux : la pire séquence de 2026 se confirme. Ce lundi 8 juin, le cours se stabilise autour de 62 600 dollars, après être tombé à 59 100 dollars le vendredi 5 juin, un plus bas annuel. Le déclencheur tient en un chiffre : 172 000 créations d’emplois en mai aux États-Unis, très au-dessus des 85 000 attendus. Un marché du travail solide éloigne toute baisse de taux et pénalise les actifs risqués.
Un rapport emploi qui referme la porte des baisses
Le chiffre a surpris tout le monde. L’économie américaine a créé 172 000 postes en mai, contre 85 000 anticipés, le chômage restant à 4,3 %, selon le Bureau of Labor Statistics. Mars et avril ont même été révisés à la hausse. C’est la plus forte séquence d’embauche en plus de deux ans. Pour la banque centrale, c’est l’inverse du signal espéré. Tant que l’emploi tient, rien ne presse pour assouplir. Le marché obligataire l’a compris immédiatement.
L’inflation, l’autre verrou
La toile de fond reste l’inflation. En avril, l’indice des prix a grimpé à 3,8 % sur un an, son plus haut depuis mai 2023, d’après les données du BLS. Le choc énergétique lié au conflit avec l’Iran continue de pousser les prix. Deux rendez-vous concentrent désormais l’attention. L’inflation de mai paraît le 10 juin. La Fed se réunit les 16 et 17 juin. Ce sera la toute première réunion présidée par Kevin Warsh, un facteur d’incertitude supplémentaire.
Bitcoin face à la hausse des taux : BNP Paribas durcit le ton
Le basculement des anticipations a trouvé son porte-voix. BNP Paribas a abandonné son scénario de statu quo monétaire. La banque anticipe désormais trois hausses de taux de la Fed à partir de décembre, selon son analyse Markets 360 relayée par crypto.news. Elle invoque une inflation persistante, un emploi ferme et l’effet du conflit américano-iranien sur l’énergie. Le marché a suivi sans hésiter. Les traders intègrent désormais pleinement une hausse d’un quart de point d’ici décembre, rapporte Bloomberg. Le rendement à deux ans a bondi vers 4,17 %, son plus haut de l’année.
Tout le monde n’est pas d’accord
Le consensus reste fracturé. Goldman Sachs juge une hausse improbable malgré la vigueur de l’emploi. Citi maintient même un scénario de baisses. JPMorgan, à l’inverse, a rejoint le camp des trois hausses. Cette divergence dit l’incertitude du moment. Le bitcoin reste suspendu aux décisions américaines, une dépendance que CrypCool documente de longue date.
Le coût immédiat pour le marché crypto
La sanction a été brutale et rapide. Plus de 1,7 milliard de dollars de positions ont été liquidés en 24 heures. Le bitcoin a cassé sa moyenne mobile à 200 jours, une première depuis 2023. Les ETF bitcoin au comptant américains enchaînent une série record de sorties nettes. Plusieurs trackers de marché évoquent treize séances et environ 4,33 milliards de dollars retirés — un chiffre signalé, dont l’ampleur exacte varie selon les sources et n’est pas affirmé ici. On peut suivre le cours du Bitcoin en direct pour mesurer la séance. L’ether a plongé sous 1 800 dollars dans le même mouvement.
La lecture macro-crypto
Le fil conducteur est clair. Tant que le cash et les obligations rémunèrent, les actifs sans rendement souffrent. Le bitcoin se comporte ici en pur actif risqué, corrélé au Nasdaq, qui a lâché près de 4 % vendredi. La rotation des capitaux est nette. L’argent quitte le risque crypto, souvent vers les valeurs liées à l’intelligence artificielle. Ce n’est pas une capitulation, plutôt un recalibrage autour du loyer de l’argent.
Le signal à retenir
Deux dates feront le verdict. Une inflation encore élevée le 10 juin évacuerait toute perspective de baisse en 2026 et pèserait sur le bitcoin et la hausse des taux qui le menace. Un chiffre apaisé rouvrirait la porte à un rebond plus consistant. En tant que PSAN enregistré auprès de l’AMF, CrypCool rappelle qu’une telle séquence invite moins à réagir qu’à réévaluer son exposition, par exemple via le simulateur crypto avant la réunion de la Fed. Aucune prédiction ici, seulement un cap de lecture.