L’agrément MiCA sépare désormais clairement les acteurs crypto en Europe. Le 23 juin 2026, la fintech française Meria a obtenu le sien. Le lendemain, Binance retirait sa demande en Grèce. Six jours séparent ces annonces de la bascule du 1er juillet 2026. Ce jour-là, toute plateforme non agréée perdra son droit d’exercer dans l’Union.
Agrément MiCA: Meria entre dans le club français des agréés
Meria a officialisé son agrément PSCA le 23 juin 2026. Le numéro PSCA-AGR-2026-020 figure au registre de l’AMF. La société mosellane, fondée en 2017 par Owen Simonin (alias Hasheur), revendique plus de 150 000 utilisateurs. L’autorisation couvre l’intégralité des services d’investissement sur crypto-actifs. Elle inclut la conservation, l’exécution d’ordres, le conseil, la gestion de portefeuille, le transfert et l’échange. Meria exploite sa propre infrastructure blockchain et propose du staking en propre. La fintech déclare plus de 350 millions d’euros d’actifs sous conservation et délégation, comme l’indique son communiqué officiel. Cet agrément MiCA délivré par l’AMF confère le passeport européen.
La France aligne les agréments avant la bascule
Meria n’est pas un cas isolé. Plusieurs acteurs français ont décroché leur agrément en juin 2026. Paymium, Keyrock et la société de gestion RUFIJI Capital figurent parmi eux. Leonod, l’entité derrière Bull Bitcoin, a aussi été agréée. Coinhouse avait ouvert la voie dès mai 2026. Ces feux verts renforcent la place de Paris dans la régulation crypto européenne. L’AMF assume une exigence supérieure à celle de juridictions plus souples. Cette rigueur devient un argument concurrentiel pour les acteurs hexagonaux.
Binance recule en Grèce à six jours de l’échéance
Binance a retiré le 24 juin 2026 sa demande d’agrément en Grèce. La plateforme dit vouloir se tourner vers un autre État membre. Elle n’a pas nommé ce pays. Le numéro un mondial avait déposé son dossier auprès de la Hellenic Capital Market Commission en janvier 2026. Reuters avait révélé une semaine plus tôt un rejet probable. Les régulateurs grec, irlandais et letton auraient exprimé des réserves. Elles portent sur les antécédents judiciaires et la structure du groupe, d’après la couverture de CoinDesk. Ce retrait de son agrément MiCA en Grèce laisse Binance sans porte d’entrée légale claire dans l’Union.
Pourquoi la France reste un pari délicat pour Binance
La France est citée comme point de chute possible. Binance y détient un enregistrement PSAN auprès de l’AMF depuis mai 2022. Bâtir sur cette relation existante paraît plus simple. Le scénario reste pourtant politiquement sensible. L’Hexagone abrite une information judiciaire pour blanchiment aggravé visant la plateforme. La JUNALCO l’a ouverte début 2025, sur des faits présumés entre 2019 et 2024. L’AMF a aussi prévenu qu’elle pourrait refuser certains passeports jugés trop laxistes. Ces tensions prolongent les obstacles répétés de Binance face à MiCA.
Un impact marché réel mais circonscrit
L’effet immédiat sur les cours reste limité. Les paires en euros pèsent environ 1 % du volume spot mondial de Binance. La plateforme conserve l’essentiel de son activité hors Union. Le risque porte surtout sur les utilisateurs européens. Ils pourraient devoir migrer leurs actifs avant l’échéance. Binance assure que les fonds restent accessibles. La concurrence agréée, de Kraken à Coinbase, se tient prête à capter ces flux.
Le signal: MiCA trie les acteurs avant le 1er juillet
Le contraste des 23 et 24 juin 2026 résume la séquence. La période transitoire MiCA s’achève. Les prestataires devaient décrocher leur agrément MiCA avant le 30 juin pour continuer au-delà du 1er juillet. L’ESMA a confirmé le 23 juin qu’aucune prolongation n’interviendrait. Environ 83 % des prestataires actifs dans l’Union n’avaient pas encore obtenu leur licence. Les acteurs préparés sécurisent le marché unique. Les retardataires, même dominants, risquent une cessation ordonnée. Pour l’investisseur, se tourner vers un acteur agréé limite le risque de blocage. Cette sélection réglementaire confirme l’entrée du marché crypto dans une phase de maturité. CrypCool, prestataire enregistré auprès de l’AMF comme PSAN sous le numéro E2023-096, suit ce signal au-delà du seul calendrier.
FAQ
Quelle est la date limite de l’agrément MiCA en Europe ?
Les prestataires devaient obtenir leur agrément MiCA avant le 30 juin 2026. La période transitoire s’achève le 1er juillet 2026. Officiellement, après cette date, toute plateforme non agréée doit cesser ses services dans l’Union. L’ESMA a exclu toute prolongation le 23 juin 2026.
Pourquoi Binance a-t-il retiré sa demande d’agrément MiCA en Grèce ?
Binance a retiré sa demande le 24 juin 2026, face à un rejet probable. Les régulateurs grec, irlandais et letton auraient exprimé des réserves sur ses antécédents et sa structure. La plateforme dit chercher une autorisation dans un autre État membre.
Quels services couvre l’agrément MiCA de Meria ?
L’agrément PSCA de Meria, numéro PSCA-AGR-2026-020, couvre l’intégralité des services d’investissement. Il inclut conservation, exécution d’ordres, conseil, gestion de portefeuille, transfert et échange. Meria revendique plus de 350 millions d’euros d’actifs sous conservation et délégation.