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Actualité du

11 septembre 2026

Le Trésor rachète sa dette, les taux montent, le bitcoin recule

Le rachat de dette du Trésor américain porté à 6 milliards de dollars n’a pas soutenu le bitcoin. Annoncée mercredi 9 septembre 2026, l’opération est exécutée ce jeudi 10 septembre. Les rendements obligataires ont monté, et le bitcoin a rendu ses gains de la matinée. Il s’échange ce matin autour de 78 200 dollars, après un pic à 79 700 dollars.

Une matinée où le bitcoin se comportait comme l’or

Le décor géopolitique s’est encore assombri dans la nuit de mardi à mercredi. L’armée américaine a détruit cinq pétroliers iraniens. Téhéran a riposté par des tirs de missiles sur la base d’Al-Azraq, en Jordanie. Dix-huit missiles sur vingt ont été interceptés. Le Brent a touché 100 dollars, une première depuis juillet. L’or est remonté à 4 402 dollars (+1,1 %). Le bitcoin a suivi l’or plutôt que les actions : il montait à 79 742 dollars mercredi matin pendant que Wall Street reculait. Pendant quelques heures, il s’est comporté comme un métal précieux, non comme une valeur technologique.

Un rachat de dette trois fois plus gros, des taux qui montent quand même

Mercredi, le Trésor a annoncé un rachat de 6 milliards de dollars d’obligations à 10-20 ans. C’est le triple de la précédente opération de ce type. Un rachat de dette consiste, pour l’État, à reprendre sur le marché des obligations anciennes. Cette demande soutient leur prix et fait normalement baisser leur rendement, c’est-à-dire le taux que l’État paie pour emprunter.

Le 19 août, l’annonce du doublement de ces rachats avait produit exactement cet effet. Le rendement à 30 ans avait reflué de 5,34 % à 5,19 %. Le bitcoin était passé de 64 100 à 81 240 dollars en cinq jours, un rallye de près de 17 000 dollars. Des taux plus bas rendent plus attrayants les actifs qui ne rapportent aucun intérêt, comme le bitcoin ou l’or.

Cette fois, l’inverse s’est produit. Le rendement à 10 ans a grimpé à 4,85 %, son plus haut depuis novembre 2023. Le 30 ans est repassé au-dessus de 5,3 %. Une partie du marché attendait 8 à 10 milliards, selon The Crypto Times. Surtout, l’opération ne traite pas la cause. La dette publique a dépassé 40 000 milliards de dollars en août, et un pétrole à 100 dollars ravive l’inflation. « Nous bricolons à la périphérie » du marché, résume Mike O’Rourke, stratégiste de JonesTrading. Le bitcoin a rendu tout son gain, de 79 742 à environ 78 500 dollars, sans sortir de son couloir.

Les ETF attendent le chiffre de l’inflation

Les fonds cotés confirment cette prudence. Les ETF bitcoin américains ont perdu 46,65 millions de dollars mardi. Grayscale explique ce chiffre avec 65,5 millions de sorties, alors que BlackRock, Bitwise et Ark restaient acheteurs. Les fonds ether ont cédé 24,3 millions. Seuls les fonds XRP restent positifs. Les montants sont modestes, et c’est le point : les investisseurs ne fuient pas, ils patientent. Depuis le début du mois, les ETF bitcoin affichent encore environ 723 millions de dollars d’entrées nettes.

Le rendez-vous est fixé au vendredi 11 septembre à 14h30, avec l’inflation américaine d’août, attendue à 3,4 % sur un an. Elle précède la réunion de la Réserve fédérale des 15 et 16 septembre. Une hausse des taux y est donnée à 60 % par les contrats à terme. Le marché se stabilise. Mais il ne redémarre pas. Tant que ce chiffre n’est pas connu, le bitcoin reste coincé entre le soutien de l’or et la pression des taux, entre 77 000 et 80 000 dollars.

FAQ

Pourquoi le rachat de dette du Trésor américain n’a-t-il pas fait monter le bitcoin ?

Parce que les rendements ont monté malgré l’opération : le 10 ans a atteint 4,85 %, son plus haut depuis novembre 2023. Un pétrole à 100 dollars et une dette de plus de 40 000 milliards pèsent plus lourd que 6 milliards de rachats.

Combien le Trésor américain rachète-t-il d’obligations le 10 septembre 2026 ?

Jusqu’à 6 milliards de dollars d’obligations à 10-20 ans, trois fois plus que lors de l’opération précédente. Le programme, doublé le 19 août, court jusqu’au 4 novembre 2026.

Quels sont les prochains rendez-vous pour le bitcoin ?

L’inflation américaine d’août, publiée le vendredi 11 septembre, puis la réunion de la Réserve fédérale des 15 et 16 septembre, où une hausse des taux est donnée à 60 %.

L’Allemagne enterre son régime fiscal favorable aux cryptos

La fiscalité crypto en Allemagne change de nature. Le 9 septembre 2026, le Handelsblatt a révélé un projet de loi du ministère fédéral des Finances, dirigé par le vice-chancelier social-démocrate Lars Klingbeil. Le texte supprime l’exonération totale dont bénéficient aujourd’hui les plus-values sur cryptos détenues plus de douze mois et les soumet à un prélèvement forfaitaire de 25 %.

Un placement comme un autre, taxé comme les actions

Aujourd’hui, un Allemand qui revend ses bitcoins après un an ne paie rien. S’il vend avant, le gain rejoint son revenu imposable, au barème progressif, jusqu’à 45 %. Le projet remplace ce régime par celui des valeurs mobilières : 25 % de retenue à la source, quelle que soit la durée de détention, plus la surtaxe de solidarité de 5,5 % appliquée à l’impôt, soit 26,375 % au total.

Le ministère justifie la réforme en une phrase, citée par le Handelsblatt : « les crypto-actifs constituent de plus en plus une forme de placement privé ». Un placement se taxe donc comme les autres. Les revenus du staking, c’est-à-dire la rémunération obtenue en immobilisant ses jetons pour sécuriser un réseau, et ceux du prêt de cryptos deviendraient des revenus du capital, selon Blocktrainer, qui a consulté le projet.

Les détenteurs actuels sont protégés

Le texte ménage l’existant. Seules les cryptos achetées après le 31 décembre 2026 tomberaient sous le nouveau régime. Les positions acquises avant conservent l’exonération après un an, d’après la WirtschaftsWoche. En contrepartie, les pertes sur cryptos deviendraient déductibles des gains sur actions, ce que la loi interdit aujourd’hui. L’abattement annuel de 1 000 euros sur les revenus du capital s’appliquerait aussi aux cryptos. Les plateformes prélèveraient l’impôt à la source à partir de janvier 2028.

Berlin attend 160 millions d’euros de recettes en 2028, puis 350 millions par an vers 2031. Le précédent autrichien invite à la prudence : Vienne a supprimé sa période de détention en 2022 et n’a encaissé que 33,8 millions d’euros en 2024, rappelle Trending Topics.

Ce que la réforme change pour les investisseurs français

Le projet aligne l’Allemagne sur la France. Depuis 2019, les plus-values crypto des particuliers français relèvent du prélèvement forfaitaire unique, porté à 31,4 % au 1er janvier 2026 (12,8 % d’impôt et 18,6 % de prélèvements sociaux), comme le rappelle le point CrypCool sur la flat tax 2026. L’argument de la concurrence fiscale allemande, souvent avancé contre les plateformes françaises, disparaît. La fiscalité crypto en France ne serait plus l’exception européenne, mais la norme.

Le signal dépasse Berlin. L’Europe banalise la crypto : ce n’est plus un objet à part, mais un placement avec ses impôts et ses compensations de pertes. La France a déjà pris ce chemin avec la hausse de la flat tax et l’échange automatique DAC8, qui obligera les prestataires enregistrés, dont CrypCool en tant que PSAN, à transmettre les données de leurs clients au fisc.

Un texte encore loin du vote

Le projet reste un projet. Le ministère l’a diffusé mi-août aux autres ministères pour coordination, et le cabinet ne l’a pas encore adopté. La WirtschaftsWoche évoque un dépôt au Bundestag en septembre, un vote fin novembre et un passage au Bundesrat le 18 décembre 2026. Une pétition pour le maintien de l’exonération a dépassé les 30 000 signatures en un jour, selon BTC-Echo, ce qui impose une audition publique au Bundestag. Les investisseurs qui veulent mesurer l’effet d’un tel prélèvement sur leur stratégie peuvent le tester avec le simulateur fiscal crypto.

FAQ

L’Allemagne va-t-elle taxer les cryptos détenues plus d’un an ?
Oui, si le projet est voté. Les cryptos achetées à partir du 1er janvier 2027 seraient taxées à 25 %, plus surtaxe de solidarité, quelle que soit la durée de détention. Celles achetées avant gardent l’exonération après douze mois.

Quel est le taux d’imposition des cryptos en France par rapport à l’Allemagne ?
La France applique 31,4 % depuis le 1er janvier 2026 (12,8 % d’impôt et 18,6 % de prélèvements sociaux). L’Allemagne prévoit 26,375 % surtaxe comprise, avec un abattement de 1 000 euros par an.

Quand la nouvelle fiscalité crypto allemande entrerait-elle en vigueur ?
Le régime viserait les achats postérieurs au 31 décembre 2026, avec un prélèvement à la source par les plateformes à partir de janvier 2028. Le texte n’a pas encore été adopté en conseil des ministres.

Circle et PayPal accélèrent, l’Europe attend encore son jeton

Le stablecoin euro sur Ethereum a désormais un calendrier. Le 8 septembre 2026, le consortium bancaire Qivalis a fait savoir que son jeton en euros serait émis sur la blockchain publique Ethereum, et non sur un réseau fermé réservé aux banques. En quarante-huit heures, Circle et PayPal ont, de leur côté, annoncé un rachat de 400 millions de dollars et une plateforme d’émission de stablecoins. Ce jeudi 10 septembre, le contraste est net : les acteurs américains construisent des réseaux, l’Europe attend encore un agrément.

Circle rachète Tazapay pour 400 millions de dollars en actions

L’émetteur de l’USDC a signé le 8 septembre un accord de rachat de Tazapay, société singapourienne de paiements transfrontaliers. L’opération, payée en actions Circle, est valorisée environ 400 millions de dollars. Tazapay traite plus de 25 milliards de dollars de paiements par an, vers plus de cent marchés, avec plus de 60 partenaires bancaires et fintech. Environ 60 % de ce volume passe déjà par des stablecoins. La clôture est prévue en 2027, sous réserve des autorités, dont l’Autorité monétaire de Singapour. Circle n’achète pas une technologie. Il achète des relations bancaires locales, c’est-à-dire la partie du paiement que la blockchain ne remplace pas. Son responsable des paiements, Irfan Ganchi, vise un USDC devenu « rail par défaut du commerce mondial ».

PayPal industrialise l’émission avec PYUSDx

Le 9 septembre, PayPal a lancé avec M0 et MoonPay la plateforme PYUSDx. Elle permet à une entreprise de créer son propre stablecoin, adossé un pour un au PYUSD de PayPal, sans gérer elle-même les réserves ni la conformité. Trois clients étaient présents au lancement : Saturn, Concrete et Cap, pour une centaine de millions de dollars de volume cumulé. Le signal compte plus que le chiffre. Après le jeton unique, PayPal vend désormais la fabrique de jetons. Le PYUSD pèse 2,8 milliards de dollars selon DefiLlama, loin derrière l’USDC, mais chaque stablecoin créé sur PYUSDx grossit mécaniquement sa base.

Qivalis choisit Ethereum, mais attend la banque centrale néerlandaise

Qivalis réunit 37 banques de 15 pays, dont BNP Paribas, ING, UniCredit et BBVA, ainsi que Crédit Mutuel et BPCE depuis mai. Le choix d’Ethereum a été confirmé le 8 septembre par Ethereum Institutional, structure d’accompagnement des entreprises sur ce réseau, et relayé par Cryptoast. Qivalis n’a pas publié de communiqué propre sur ce point à ce jour.

Un jeton qui circule partout, ou presque

Un stablecoin en euros émis sur Ethereum peut passer d’un portefeuille à l’autre, d’une plateforme à une application, comme le font aujourd’hui les jetons en dollars. Un réseau fermé entre banques ne le permet pas. C’est le vrai choix stratégique du consortium. Reste l’obstacle réglementaire. Qivalis attend toujours son agrément d’établissement de monnaie électronique auprès de la banque centrale néerlandaise. Sans lui, aucune émission. Le lancement reste visé au second semestre 2026, soit dans les quatre prochains mois.

Un cadre clair, mais 99,5 % du marché en dollars

Le rapport de force reste très inégal. Le marché mondial des stablecoins atteint 305 milliards de dollars, dont 183 milliards pour l’USDT et 74 milliards pour l’USDC. Les jetons en euros pèsent moins de 0,3 % de ce total, soit environ 800 millions de dollars. Le règlement MiCA a donné à l’Europe le cadre le plus lisible du monde, avant les États-Unis et leur loi GENIUS. Mais un cadre ne fait pas un marché. Sans produit disponible, ce sont des dollars qui circulent sur les blockchains, y compris entre deux entreprises européennes. Les initiatives se multiplient pourtant, du stablecoin euro EURR de Revolut au consortium bancaire américain sur le dollar. Pour Ethereum, le choix de Qivalis apporte un usage institutionnel de plus, alors que le réseau reste la première blockchain des stablecoins, un point à garder en tête avant d’acheter de l’ETH.

FAQ

Quand le stablecoin euro de Qivalis sera-t-il disponible ?

Qivalis vise le second semestre 2026, sous réserve d’obtenir son agrément d’établissement de monnaie électronique auprès de la banque centrale néerlandaise. Sans cet agrément, aucun jeton ne peut être émis.

Pourquoi 37 banques choisissent-elles Ethereum plutôt qu’un réseau privé ?

Sur une blockchain publique, le jeton circule entre n’importe quels portefeuilles et plateformes, comme les stablecoins en dollars. Un réseau fermé entre banques limiterait son usage au règlement interbancaire.

Combien pèsent les stablecoins en euros face au dollar ?

Le marché total atteint 305 milliards de dollars, dont 183 milliards pour l’USDT et 74 milliards pour l’USDC. Les jetons en euros représentent moins de 0,3 % de l’ensemble, soit environ 800 millions de dollars.

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