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Régulation crypto US : Washington débloque enfin le Clarity Act

Actualité du

4 mai 2026

Le compromis sur les Clarity Act stablecoins a été publié vendredi 1er mai 2026 à Washington par les sénateurs Thom Tillis et Angela Alsobrooks. Il lève le dernier verrou législatif du futur cadre crypto américain et ouvre la voie à un vote en commission dès la semaine du 11 mai. Ce lundi 4 mai, la SEC plaide en parallèle pour réécrire ses propres règles.

Compromis Tillis-Alsobrooks : ce que change le texte sur les stablecoins

Le texte prohibe aux émetteurs de verser un rendement « économiquement ou fonctionnellement équivalent » à un intérêt sur dépôt bancaire, selon la rédaction publiée par CoinDesk. Coupe nette sur l’axe banques contre crypto, qui bloquait l’avancée du texte depuis janvier. La rédaction préserve toutefois les programmes de récompenses liés à des « activités réelles » sur les plateformes : paiement, échange, participation. Un détenteur de stablecoin réglementé peut encaisser des avantages d’usage, mais pas un rendement passif sur ses encours. CoinDesk

Le PDG de Coinbase Brian Armstrong a salué l’accord par un laconique « Mark it up » sur X. Il appelle le Comité bancaire du Sénat à programmer le vote. Le directeur juridique Paul Grewal défend un texte qui préserve les rewards basés sur l’activité réelle, exactement le terrain réclamé par le lobby bancaire. Sur Polymarket, la probabilité d’une signature du Clarity Act en 2026 a bondi entre 55 et 68 % en quelques heures, selon CoinDesk. La Blockchain Association et le Crypto Council for Innovation ont publiquement appuyé la sortie du blocage.

GENIUS Act : la faille colmatée

Le compromis colmate aussi une faille du GENIUS Act, voté à l’été 2025. Ce texte ne couvrait que les émetteurs de stablecoins. Il laissait la porte ouverte à des plateformes ou affiliés proposant des rendements proches d’un intérêt bancaire. Le Clarity Act étend désormais l’interdiction à l’ensemble des participants du marché des actifs numériques. Le Crypto Council for Innovation a souligné que cette extension va « bien au-delà » du périmètre initial du GENIUS Act.

SEC : Atkins juge le cadre actuel inadapté à la crypto

Le compromis intervient alors que le président de la SEC Paul Atkins critique ouvertement le droit en vigueur. À Las Vegas fin avril, lors du Bitcoin 2026 Conference, il a parlé d’un mandat fondé sur « un cadre des années 1930 », inadapté aux actifs numériques. La presse spécialisée a relayé ces propos en début de semaine. Atkins appelle désormais le Congrès à voter une loi structurante. Sa formule est nette : seul un texte législatif peut « rendre durable » la nouvelle approche d’encadrement, selon Bitcoin Magazine.

De la répression à l’encadrement : la stratégie ACT

Cette posture prolonge le projet « Project Crypto » lancé en juillet 2025 et reformulé en stratégie ACT pour Advance, Clarify, Transform. En mars 2026, la SEC et la CFTC ont publié une interprétation conjointe instaurant une taxonomie des tokens. La majorité des actifs numériques (commodities, collectibles, outils, stablecoins) y sont classés hors du périmètre des securities. Le régulateur prépare désormais une « Regulation Crypto Assets » comportant un safe harbor pour les contrats d’investissement et un régime d’exemption pluriannuel. L’objectif affiché : sortir d’une régulation par voie d’enforcement et offrir aux innovateurs un cadre prévisible.

Clarity Act stablecoins : implications pour l’investisseur français

Le signal pour l’Europe est clair. Les Clarity Act stablecoins dessinent un cadre américain offensif. L’innovation se voit dotée d’un statut juridique défini, là où MiCA reste centré sur la conformité prudentielle. La concurrence réglementaire transatlantique s’intensifie. Pour les acteurs français, trois conséquences pratiques se dessinent. D’une part, une pression sur les émetteurs européens d’e-money tokens face à un USDC mieux normé outre-Atlantique. D’autre part, un risque de migration des projets crypto vers Washington si la voie législative aboutit en juin. Enfin, un test de crédibilité pour MiCA, dont la révision est déjà sur la table de Bruxelles.

CrypCool, PSAN enregistré auprès de l’AMF, opère dans le périmètre MiCA et reste arrimé au cadre français. La fiscalité crypto française demeure le repère structurant pour les détenteurs résidents. Les arbitrages sur l’exposition au Bitcoin ou à l’Ethereum restent calibrés sur ce socle.

L’agenda législatif américain reste serré. Le sénateur Bernie Moreno table sur un vote final fin mai. Cynthia Lummis a parlé, en avril, de fenêtre « now or never ». Restent plusieurs obstacles non résolus : provision éthique sur les actifs numériques détenus par des proches du pouvoir exécutif, protection des développeurs non-custodiaux, frontières SEC-CFTC sur les jetons hybrides. Le compromis Tillis-Alsobrooks lève la principale digue. Il n’éteint pas la bataille des lobbys.

Cet article ne constitue pas un conseil en investissement.