Le stablecoin euro sur Ethereum a désormais un calendrier. Le 8 septembre 2026, le consortium bancaire Qivalis a fait savoir que son jeton en euros serait émis sur la blockchain publique Ethereum, et non sur un réseau fermé réservé aux banques. En quarante-huit heures, Circle et PayPal ont, de leur côté, annoncé un rachat de 400 millions de dollars et une plateforme d’émission de stablecoins. Ce jeudi 10 septembre, le contraste est net : les acteurs américains construisent des réseaux, l’Europe attend encore un agrément.
Circle rachète Tazapay pour 400 millions de dollars en actions
L’émetteur de l’USDC a signé le 8 septembre un accord de rachat de Tazapay, société singapourienne de paiements transfrontaliers. L’opération, payée en actions Circle, est valorisée environ 400 millions de dollars. Tazapay traite plus de 25 milliards de dollars de paiements par an, vers plus de cent marchés, avec plus de 60 partenaires bancaires et fintech. Environ 60 % de ce volume passe déjà par des stablecoins. La clôture est prévue en 2027, sous réserve des autorités, dont l’Autorité monétaire de Singapour. Circle n’achète pas une technologie. Il achète des relations bancaires locales, c’est-à-dire la partie du paiement que la blockchain ne remplace pas. Son responsable des paiements, Irfan Ganchi, vise un USDC devenu « rail par défaut du commerce mondial ».
PayPal industrialise l’émission avec PYUSDx
Le 9 septembre, PayPal a lancé avec M0 et MoonPay la plateforme PYUSDx. Elle permet à une entreprise de créer son propre stablecoin, adossé un pour un au PYUSD de PayPal, sans gérer elle-même les réserves ni la conformité. Trois clients étaient présents au lancement : Saturn, Concrete et Cap, pour une centaine de millions de dollars de volume cumulé. Le signal compte plus que le chiffre. Après le jeton unique, PayPal vend désormais la fabrique de jetons. Le PYUSD pèse 2,8 milliards de dollars selon DefiLlama, loin derrière l’USDC, mais chaque stablecoin créé sur PYUSDx grossit mécaniquement sa base.
Qivalis choisit Ethereum, mais attend la banque centrale néerlandaise
Qivalis réunit 37 banques de 15 pays, dont BNP Paribas, ING, UniCredit et BBVA, ainsi que Crédit Mutuel et BPCE depuis mai. Le choix d’Ethereum a été confirmé le 8 septembre par Ethereum Institutional, structure d’accompagnement des entreprises sur ce réseau, et relayé par Cryptoast. Qivalis n’a pas publié de communiqué propre sur ce point à ce jour.
Un jeton qui circule partout, ou presque
Un stablecoin en euros émis sur Ethereum peut passer d’un portefeuille à l’autre, d’une plateforme à une application, comme le font aujourd’hui les jetons en dollars. Un réseau fermé entre banques ne le permet pas. C’est le vrai choix stratégique du consortium. Reste l’obstacle réglementaire. Qivalis attend toujours son agrément d’établissement de monnaie électronique auprès de la banque centrale néerlandaise. Sans lui, aucune émission. Le lancement reste visé au second semestre 2026, soit dans les quatre prochains mois.
Un cadre clair, mais 99,5 % du marché en dollars
Le rapport de force reste très inégal. Le marché mondial des stablecoins atteint 305 milliards de dollars, dont 183 milliards pour l’USDT et 74 milliards pour l’USDC. Les jetons en euros pèsent moins de 0,3 % de ce total, soit environ 800 millions de dollars. Le règlement MiCA a donné à l’Europe le cadre le plus lisible du monde, avant les États-Unis et leur loi GENIUS. Mais un cadre ne fait pas un marché. Sans produit disponible, ce sont des dollars qui circulent sur les blockchains, y compris entre deux entreprises européennes. Les initiatives se multiplient pourtant, du stablecoin euro EURR de Revolut au consortium bancaire américain sur le dollar. Pour Ethereum, le choix de Qivalis apporte un usage institutionnel de plus, alors que le réseau reste la première blockchain des stablecoins, un point à garder en tête avant d’acheter de l’ETH.
FAQ
Quand le stablecoin euro de Qivalis sera-t-il disponible ?
Qivalis vise le second semestre 2026, sous réserve d’obtenir son agrément d’établissement de monnaie électronique auprès de la banque centrale néerlandaise. Sans cet agrément, aucun jeton ne peut être émis.
Pourquoi 37 banques choisissent-elles Ethereum plutôt qu’un réseau privé ?
Sur une blockchain publique, le jeton circule entre n’importe quels portefeuilles et plateformes, comme les stablecoins en dollars. Un réseau fermé entre banques limiterait son usage au règlement interbancaire.
Combien pèsent les stablecoins en euros face au dollar ?
Le marché total atteint 305 milliards de dollars, dont 183 milliards pour l’USDT et 74 milliards pour l’USDC. Les jetons en euros représentent moins de 0,3 % de l’ensemble, soit environ 800 millions de dollars.