Bercy change de ton sur le stablecoin euro
Roland Lescure soutient les stablecoins en euro. Vendredi 17 avril, le ministre Roland Lescure a pris la parole dans une conférence crypto à Paris. Il a qualifié d’« insatisfaisant » le faible volume des stablecoins en euro face aux stablecoins en dollars. Il a aussi encouragé les banques de la zone euro à développer des dépôts tokenisés. Le ministre soutient explicitement le consortium Qivalis. Ce groupement réunit BNP Paribas, ING, UniCredit, BBVA et huit autres banques européennes. Le consortium prépare un stablecoin euro conforme à MiCA pour le second semestre 2026.
Des volumes en euros marginaux face au dollar
Les chiffres sont éloquents. Selon CoinGecko, les stablecoins en dollars pèsent environ 310 milliards de dollars de capitalisation. Les stablecoins en euros restent en-dessous du milliard. Société Générale émet son jeton euro depuis 2023. Ce jeton ne totalise que 107 millions d’euros en circulation. Tether (USDT) dépasse les 185 milliards.
Un basculement politique face à l’euro numérique de la BCE
L’intérêt de cette prise de position tient au virage politique qu’elle marque. La France et l’Union européenne affichaient jusqu’ici une position hostile aux stablecoins privés. Bruxelles et Paris y voyaient une menace pour la souveraineté monétaire. Désormais, le gouvernement préfère un stablecoin européen, même privé, à une dollarisation numérique irréversible. La Banque centrale européenne porte pourtant un projet concurrent d’euro numérique public. Sa réaction à ce basculement reste à observer.
Paris Blockchain Week : le plan crypto du ministère de l’Intérieur
Le plan d’urgence contre les enlèvements crypto. Mercredi 16 avril à la Paris Blockchain Week, Jean-Didier Berger a annoncé un plan ministériel. Le ministre délégué à l’Intérieur veut protéger les détenteurs de cryptoactifs contre les « wrench attacks ». Ces agressions physiques visent à arracher les clés privées des portefeuilles. La Direction nationale de la police judiciaire a recensé 41 agressions crypto en France depuis janvier 2026. Ce bilan équivaut déjà à l’année 2025 entière. La France concentrerait 70 % des attaques mondiales de ce type.
L’affaire de l’Yonne, emblème d’un risque patrimonial
L’affaire la plus marquante date du 13 avril, dans l’Yonne. Des ravisseurs ont enlevé la femme et le fils de 11 ans d’un entrepreneur crypto. Le GIGN a libéré les otages après vingt heures de séquestration. Les autorités ont déjà lancé une plateforme de prévention. Un dispositif plus complet, mobilisant toutes les forces de sécurité intérieure, suivra dans les prochaines semaines. Sur le fond, l’État traite désormais les cryptoactifs comme un patrimoine sensible. Il leur applique les logiques de protection physique des bijouteries ou des convois de fonds.