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En ces jours où le prix du bitcoin se contracte et celui de l’or crève le plafond, nous entendons de nombreux discours sur les réseaux tendant à opposer ces deux actifs, pressés de déduire que la proposition de valeur de Bitcoin ne peut être semblable à celle du métal millénaire…

Et nous pourrions vite croire qu’il existe un fossé à la fois intellectuel et culturel entre celui qui cache des pièces d’or au fond d’un coffre et celui qui sécurise des clés privées sur un wallet.

Le premier se présente à nous en adepte du passé, préférant des lingots palpables, l’autre passe pour un fan de nouvelles technologies, de cryptographie, de blockchain et d’un futur numérique décentralisé.

Or et Bitcoin: une meme philosophie d'investissement

Pourtant, si on se donne la peine d’observer ces deux mentalités sans caricature, quelque chose d’évident apparaît: les détenteurs d’or et les détenteurs de bitcoin partagent bien plus qu’ils ne l’imaginent.

Ils ont en commun une manière similaire de penser le temps, la valeur, le risque, l’autorité et surtout… la confiance.

 

Ainsi, nous allons mettre la lumière sur cette parenté psychologique, non pas pour nier certaines différences – elles sont bien réelles – mais pour montrer que, malgré un choix d’outils distincts, il y a une démarche de pensée étonnamment similaire, forgée par l’histoire, le désir de liberté et une certaine lucidité face aux promesses trop faciles.

Valeur n’est pas opinion

Le point de départ est souvent le même.

Qu’il s’agisse d’or ou de bitcoin, les détenteurs ont compris – parfois confusément, parfois très clairement – que la valeur monétaire ne se base pas sur un décret politique ou une convention sociale fragile.

Ils ont réalisé que la monnaie fiduciaire moderne, bien qu’extrêmement pratique, repose sur une confiance institutionnelle qui peut s’éroder.

L’amateur d’or ne cite pas forcément la théorie monétaire autrichienne mais il sait que toutes les monnaies ‘papier’ finissent par perdre leur valeur. Le bitcoineur lui, parle d’imprimante monétaire et de dilution du pouvoir d’achat.

Le vocabulaire diffère, l’intuition est la même : ce qui peut être créé sans limite ne peut pas constituer une réserve de valeur fiable à long terme.

Dans les deux cas, il ne s’agit pas forcément d’un rejet dogmatique de l’État ou du système mais d’un refus de confondre une utilité quotidienne avec une solidité structurelle.

Le billet de banque est pratique et le compte bancaire est commode mais ni l’un ni l’autre ne sont perçus par eux comme un socle ultime de sécurité patrimoniale.

Relation particulière au temps long

La première des qualités psychologiques que l’on relève chez eux, c’est leur rapport au temps. Ce sont rarement des individus obsédés par le court terme. Ils pensent en décennies, parfois même en générations.

L’or, par définition, impose cette temporalité. Il ne verse pas d’intérêts, ne promet aucun rendement. Le posséder revient à accepter une forme de patience stoïque. Il ne fait rien mais il demeure.

Celui qui accumule de l’or assume que la préservation du pouvoir d’achat est déjà une victoire à elle seule.

Le bitcoineur, malgré la volatilité spectaculaire du prix, partage cette même logique, c’est un investisseur et pas un trader.

En dépit de fluctuations parfois hystériques, son argument fondamental repose sur une vision à long terme de rareté absolue, d’émission prévisible et de résistance à la censure.

Là encore, la récompense n’est pas immédiate. Elle suppose de tenir, de supporter des cycles, de résister à la tentation de tout liquider au premier orage.

Dans les deux cas, on retrouve cette discipline mentale, hélas devenue rare de nos jours : la capacité à différer la gratification.

Une qualité presque subversive dans notre économie de l’instantané…

La rareté comme boussole mentale

L’or et le bitcoin partagent une propriété essentielle, ils sont rares – et pas artificiellement rares. Leur rareté n’est pas décrétée par une loi ou un vote, elle est imposée par la réalité physique et l’exactitude mathématique.

Pour l’or, cette rareté est géologique. Il faut creuser, extraire, raffiner.

Chaque nouveau gramme exige un effort réel.

Pour le bitcoin, la rareté est algorithmique. Le protocole limite strictement l’émission à 21 millions d’unités et personne ne peut modifier cette règle sans l’accord du réseau entier.

Comme son procédé repose sur le calcul massif, chaque nouveau bitcoin exige lui aussi un effort réel.

Les détenteurs des deux actifs ont compris que seule une rareté crédible est la clé de la confiance. Ils savent que la notion de rareté n’a de valeur que si elle est impossible à violer.

Et dans nos systèmes monétaires traditionnels, violer la rareté n’est ni coûteux ni difficile. Il suffit d’une décision politique ou d’une déclaration d’urgence.

Cette compréhension dévoile un état d’esprit particulier chez eux, une aversion pour l’abondance factice, une méfiance envers les solutions magiques et un respect quasiment instinctif pour les contraintes.

Méfiance sélective

Contrairement à une idée répandue, ni les amateurs d’or ni les bitcoineurs ne sont nécessairement hostiles à toute forme d’institution ou d’intermédiaire. Leur méfiance reste malgré tout ciblée.

Le détenteur d’or se méfie des banques lorsqu’il s’agit de conservation à long terme. Il sait que l’or ‘papier’, les certificats et les promesses de livraison peuvent s’évaporer en cas de crise systémique.

Il privilégie souvent la possession directe, même si cela implique des contraintes logistiques ou le recours à un autre tiers de confiance.

Le bitcoineur raisonne de manière étonnamment similaire. ‘Not your keys, not your coins’ est l’équivalent numérique de ‘si ce n’est pas dans ton coffre, ce n’est pas vraiment à toi’.

Dans les deux univers, la garde est valorisée, non pas par la paranoïa mais par une cohérence logique.

Et cette attitude révèle une autre qualité commune : la responsabilité.

Posséder ou garder de l’or physique ou gérer ses clés privées impose une même discipline, une rigueur et parfois même une acceptation du risque personnel… avec cette conscience aiguë que toute erreur est irréversible.

Vision désenchantée du pouvoir

Rares sont les détenteurs d’or – et encore moins de bitcoin – qui partagent une vision naïve du pouvoir politique et monétaire.

Ils ne pensent pas forcément que les gouvernements sont malveillants mais comprennent leurs contraintes et les leviers qui les font agir sous la pression ou l’incitation.

Ils savent comment le monde tourne. L’histoire s’étale sans pitié devant eux, jalonnée de dévaluations, confiscations, contrôles de capitaux et répressions financières.

L’or a traversé ces épisodes comme une planche de salut.

Et Bitcoin est apparu précisément en réaction à l’une de ces crises, inscrit dès son premier bloc dans un commentaire politique court mais explicite.

Leur regard lucide sur le pouvoir nourrit une prudence permanente. Il ne s’agit pas de prévoir un effondrement imminent mais d’accepter l’idée que les systèmes complexes peuvent échouer, souvent lentement au début et brutalement à la fin.

Dans ce contexte, détenir des actifs hors système devient une forme d’assurance et pas forcément une réaction à une quelconque prophétie apocalyptique.

Différences bien réelles… mais secondaires

Bien entendu, l’or et le bitcoin ne sont pas identiques et leurs détenteurs ne seront jamais des clones.

L’or est tangible, ancestral, immédiatement compréhensible. Le bitcoin est abstrait, jeune, conceptuellement exigeant. Ces différences attirent des profils aux parcours malgré tout distincts.

L’or séduit davantage ceux qui valorisent la continuité historique, la matérialité. Le bitcoin attire les esprits techniques, sceptiques face aux autorités centralisées.

Mais leurs divergences relèvent davantage de la forme que du fond.

Elles ne peuvent masquer une base commune : le refus de déléguer entièrement la confiance, la recherche d’un ancrage monétaire robuste et la volonté de reprendre une part de souveraineté individuelle.

Même posture face à l’incertitude

Au fond, la ressemblance la plus évidente entre ces deux profils tient à leur rapport à l’incertitude. Ils ne cherchent pas à l’éliminer mais à la domestiquer.

L’or et le bitcoin ne sont pas des paris sur un futur précis mais une position contre certains risques comme l’excès de dette, la manipulation monétaire ou la centralisation économique.

Ils ne viennent pas promettre un monde idéal mais offrir une potentielle sortie de secours.

Tout cela relève d’une maturité intellectuelle remarquable, qui consiste à accepter que l’avenir est fondamentalement imprévisible et que la meilleure stratégie consiste à ne pas faire confiance aveuglément aux scénarios dominants.

Deux outils, une même philosophie

Ainsi, derrière le métal lourd et mou et le code léger mais dur on va retrouver une philosophie identique, celle de la résilience, qui valorise la sobriété, la responsabilité, la patience et la lucidité.

Les détenteurs d’or et de bitcoin ne cherchent pas à battre le système à court terme mais surtout à ne pas être broyés par lui à plus long terme.

Ce sont des gardiens, pas des conquérants, des observateurs prudents et pas des joueurs compulsifs.

Ils savent que la prospérité réelle ne se décrète pas, que la confiance ne s’impose pas et qu’une valeur durable se mérite.

 

Que nous soyons gardiens d’un lingot ou d’une clé privée, nous avons compris une chose essentielle : dans un monde construit sur des promesses, la vraie richesse commence là où l’on n’a plus besoin de croire.

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