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Le pétrole en yuans numériques perd son allié saoudien

Actualité du

21 septembre 2026

L’Arabie saoudite ne fait plus partie de mBridge, la plateforme de paiements entre banques centrales pilotée par la Chine. Le Financial Times l’a révélé dimanche, et l’information circule largement ce lundi 21 septembre 2026. La banque centrale saoudienne précise que sa participation a pris fin après une phase de test prévue, bouclée le 13 mai 2025. Le départ date donc de seize mois. Il n’avait jamais été annoncé.

mBridge, un circuit de paiement sans le dollar

La plateforme mBridge est une blockchain commune à plusieurs banques centrales. Chacune y échange directement la version numérique de sa monnaie. Un paiement entre la Chine et les Émirats s’y règle ainsi en quelques secondes. Aucune banque américaine n’intervient, pas plus que la messagerie Swift. Ces flux restent donc hors de portée des sanctions de Washington, devenues une arme financière à part entière.

Riyad y était entré comme membre à part entière en juin 2024, après un an comme observateur. Quatre mois plus tard, la Banque des règlements internationaux, cofondatrice du projet, remettait la plateforme à ses partenaires. Depuis, le réseau a surtout servi la Chine. Début 2026, il totalisait plus de 55 milliards de dollars de transactions, selon l’Atlantic Council. Le yuan numérique en représentait environ 95 %.

Le départ saoudien fragilise l’hypothèse du pétroyuan

L’adhésion saoudienne avait nourri un scénario précis : un pétrole facturé un jour en yuans numériques. Premier exportateur mondial de brut, le royaume vend l’essentiel de sa production en dollars. Sa monnaie, le riyal, est elle-même arrimée au billet vert. Sa présence donnait donc à mBridge un poids que ni la Thaïlande ni Macao ne peuvent apporter.

Deux lectures du retrait de Riyad

Les motifs restent disputés. Selon les reprises de l’article du Financial Times, une source juge « inexact » d’y voir une pression américaine. Une autre affirme que Riyad ne veut plus s’afficher, mais reste impliqué en privé. Aucun communiqué officiel ne tranche. L’article original, payant, n’a pu être consulté que par ces reprises.

Une plateforme plus chinoise que jamais

Le réseau continue pourtant de s’étendre. Il réunit la Chine, Hong Kong, la Thaïlande, les Émirats et Macao, arrivé cette année. Mais le projet mBridge perd son seul membre capable d’en faire une alternative crédible au dollar dans le commerce du pétrole. La plateforme s’étend. Son ambition, elle, rétrécit.

Le besoin d’origine demeure : les paiements internationaux restent lents et coûteux. Les banques occidentales y répondent avec leurs propres dépôts tokenisés, échangés via Swift. Les stablecoins en dollars avancent de leur côté. Dans les deux cas, le billet vert garde le centre du jeu, ce qui éclaire aussi la dépendance du bitcoin aux États-Unis.

5 bis) FAQ

Qu’est-ce que mBridge ?

mBridge est une blockchain partagée par plusieurs banques centrales, qui s’y échangent directement leurs monnaies numériques. Les paiements se règlent en quelques secondes, sans banque américaine intermédiaire ni messagerie Swift.

Quand l’Arabie saoudite a-t-elle quitté mBridge ?

Sa banque centrale indique que sa participation a pris fin après une phase de test achevée le 13 mai 2025. Le retrait n’a été rendu public que le 20 septembre 2026, par le Financial Times.

Quels pays sont encore membres de mBridge ?

La Chine, Hong Kong, la Thaïlande, les Émirats arabes unis et Macao. Le yuan numérique représentait environ 95 % des volumes début 2026.