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Tether accusé d’alimenter le terrorisme financé par l’Iran

Actualité du

30 septembre 2026

Tether et l’Iran sont au cœur d’un rapport publié lundi 28 septembre 2026 au Sénat américain. Des élus démocrates accusent l’USDT, jeton indexé sur le dollar, de servir au financement du Hezbollah et des Houthis. Ils demandent une enquête fédérale. Tether conteste.

846 portefeuilles sanctionnés, 84 % en USDT

Le document compte 28 pages et s’intitule « Tethered to Terrorism ». Il émane du sénateur Richard Blumenthal et de l’équipe démocrate de la sous-commission permanente d’enquête. Ses auteurs ont étudié 846 portefeuilles de cryptomonnaies sanctionnés ou visés par une saisie, aux États-Unis et en Israël. Résultat : 84 % d’entre eux opéraient presque uniquement en USDT.

Le rapport décrit un réseau qui relie l’Iran, le Hezbollah et les Houthis. Deux Iraniens sous sanctions, Alireza Derakhshan et Arash Estaki Alivand, ont fait transiter plus de 603 millions de dollars en USDT entre 2021 et 2025. Un autre paiement, de 64 000 dollars, a rejoint un fournisseur chinois de pièces pour drones.

Neuf mois pour geler 34 adresses

Le grief central vise la lenteur de Tether. La société peut bloquer à distance les jetons de n’importe quelle adresse. En juin 2023, Israël lui a pourtant signalé 39 portefeuilles. Elle en a gelé cinq. Les 34 autres ont encore déplacé 34,6 millions de dollars avant leur blocage, en mars 2024. Richard Blumenthal demande donc au Trésor et au ministère de la Justice d’enquêter sur le respect des sanctions.

Tether revendique 550 millions de dollars gelés

Paolo Ardoino, son directeur général, a répondu le jour même. L’USDT « n’est pas un refuge pour les acteurs sanctionnés », affirme-t-il. Tether dit avoir contribué au gel de près de 550 millions de dollars liés à l’Iran en 2026, en coordination avec les autorités américaines.

Un risque de liquidité pour le marché, moins pour l’Europe

Ce rapport sur Tether et l’Iran vient de l’opposition. Aucun élu républicain ne l’a signé, et il n’oblige l’administration Trump à rien. Il prolonge toutefois une décision du Trésor. Le 24 août 2026, l’opération Economic Outcast a classé les actifs numériques parmi les secteurs sanctionnables de l’économie iranienne.

L’enjeu dépasse le seul Tether. Plus de 180 milliards de dollars d’USDT circulent, et ce jeton sert de monnaie d’échange sur la plupart des plateformes mondiales. Une procédure américaine contre son émetteur toucherait donc la liquidité de tout le secteur, c’est-à-dire la facilité à acheter et à vendre. L’Europe reste moins exposée. Tether n’a pas demandé la licence prévue par MiCA, et les grandes plateformes ont retiré l’USDT de leur offre européenne en 2025. Autre affaire récente de fonds illicites en cryptomonnaies : le piratage de Bitget.

FAQ

Que reproche le Sénat américain à Tether ?

Un rapport de sénateurs démocrates, publié le 28 septembre 2026, affirme que 84 % de 846 portefeuilles sanctionnés liés à l’Iran opéraient presque uniquement en USDT. Il reproche à Tether d’avoir tardé à geler certaines adresses, jusqu’à neuf mois.

Tether risque-t-il des sanctions ?

Le rapport n’a aucune force contraignante. Richard Blumenthal demande au Trésor et au ministère de la Justice d’enquêter, mais la décision appartient à l’administration Trump.

L’USDT est-il disponible en Europe ?

Tether n’a pas demandé la licence prévue par le règlement MiCA. Les grandes plateformes ont retiré l’USDT de leur offre aux clients européens en 2025.