L’A7A5, stablecoin russe indexé sur le rouble, appartient désormais à un réseau classé organisation criminelle transnationale. Le Trésor américain a pris cette décision jeudi 1er octobre 2026 contre A7, un circuit de paiement bâti pour contourner les sanctions. Un projet de règle l’accompagne : il couperait ce réseau de toutes les institutions financières américaines.
Un réseau de sociétés écrans adossé à une banque d’État russe
A7 a été créé en 2024 par Promsvyazbank, la banque publique russe du secteur de la défense, avec l’homme d’affaires moldave Ilan Shor. Celui-ci en détient 51 % et a été condamné en Moldavie à quinze ans de prison pour fraude et blanchiment. Le réseau règle des fournisseurs étrangers malgré les sanctions. Il passe par des centaines de sociétés écrans, clientes d’environ 435 banques dans 83 pays.
Selon le Trésor américain, ces sociétés ont traité plus de 17 milliards de dollars entre janvier 2025 et juin 2026. La banque centrale iranienne et les Gardiens de la révolution figurent, selon lui, parmi leurs clients. Un cas est chiffré : près de 140 millions de dollars reçus par deux sociétés liées au transport clandestin du pétrole iranien. A7 « rejette catégoriquement » tout lien avec Téhéran, dans une réponse citée par le Moscow Times.
Le jeton A7A5 a porté 179 milliards de dollars de transactions
L’A7A5 est l’outil du réseau en cryptomonnaies : un jeton qui vaut un rouble. Old Vector, société kirghize du réseau, l’émet et le présente comme garanti par des dépôts chez Promsvyazbank. FinCEN, la cellule antiblanchiment du Trésor, a recensé plus de 180 entités utilisatrices. Elles ont réalisé au moins 179,1 milliards de dollars de transactions entre février 2025 et juin 2026.
Le jeton et son émetteur étaient sanctionnés depuis août 2025. La qualification d’organisation criminelle étend le gel des avoirs américains à tout le réseau. Le projet de règle interdirait aux banques, courtiers et services de paiement américains tout transfert lié à ces sociétés, en dollars comme en cryptomonnaies. Sa publication officielle, prévue ce lundi 5 octobre, ouvre trente jours de consultation.
Washington vise les banques et les plateformes de conversion
Le jeton en roubles répond à un précédent. Le 6 mars 2025, Tether avait gelé 27 millions de dollars d’USDT sur la plateforme russe Garantex, aussitôt mise à l’arrêt. Ce pouvoir de blocage est au cœur du rapport sénatorial sur Tether et l’Iran. Un jeton émis hors de portée des autorités américaines y échappe. Washington vise donc les points de passage : les banques et les plateformes qui convertissent ces jetons en dollars. La même méthode s’applique depuis août au secteur iranien des actifs numériques.
Des volumes déjà en chute de 96 %
Les volumes quotidiens du jeton sont tombés à 24,3 millions de dollars en juin 2026, selon la société d’analyse Elliptic. C’est 96 % de moins qu’au pic de juillet 2025, et aucun jeton n’a été émis depuis. Le total de FinCEN est donc un cumul, pas une mesure de l’activité actuelle.
Le Japon a gelé le 2 octobre les avoirs de Garantex et de 32 autres entités russes. En Europe, toute transaction sur l’A7A5 est interdite depuis le 25 novembre 2025. Sans banque ni plateforme pour le convertir en dollars, le jeton ne permet plus guère de régler un fournisseur étranger.
FAQ
Qu’est-ce que l’A7A5 ?
L’A7A5 est un jeton indexé sur le rouble, émis par la société kirghize Old Vector pour le réseau russe A7. Selon FinCEN, il a porté au moins 179,1 milliards de dollars de transactions entre février 2025 et juin 2026.
Que change la décision américaine du 1er octobre 2026 ?
Le réseau A7 entier devient une organisation criminelle transnationale, ce qui gèle ses avoirs aux États-Unis. Un projet de règle interdirait aux institutions financières américaines tout transfert lié à ses sociétés écrans, après trente jours de consultation.
L’A7A5 est-il interdit en Europe ?
Oui. Toute transaction sur l’A7A5 est interdite dans l’Union européenne depuis le 25 novembre 2025.