Icône Bitcoin (BTC)

BTC

0000,00 € 0,00%
Ethereum (ETH)

ETH

0000,00 € 0,00%
VeraOne (VRO)

VRO

0000,00 €/g 0,00%

Blockchains : la BCE ne veut pas céder le terrain aux stablecoins

Actualité du

5 octobre 2026

La BCE veut amener sa monnaie sur la blockchain, sans avoir arrêté la méthode. Le 1er octobre 2026, à Londres, Isabel Schnabel a présenté trois façons d’y parvenir. Membre du directoire, elle y reprenait son discours de Jackson Hole du 28 août. L’objectif : éviter que les marchés européens se règlent en stablecoins, presque tous libellés en dollars.

Une monnaie sans risque, absente des blockchains

La monnaie de banque centrale est l’argent que les banques détiennent sur leur compte à la BCE. Elles s’en servent pour se régler entre elles. C’est l’actif de paiement le plus sûr, car une banque centrale ne peut pas manquer de sa propre monnaie. Mais cet argent ne circule que dans le système informatique de la BCE.

Or des titres financiers s’émettent sur des blockchains. La SEC, le régulateur boursier américain, vient d’autoriser l’échange d’actions tokenisées. Le titre et l’argent peuvent y changer de mains au même instant, à condition que l’argent s’y trouve aussi. Faute d’euros de banque centrale, les acheteurs paient donc en monnaie privée : dépôts bancaires tokenisés ou stablecoins. Ces jetons, émis par des sociétés et indexés sur une monnaie, pèsent 293 milliards de dollars selon CoinGecko.

Les trois modèles décrits par Isabel Schnabel

Dans le premier, la banque centrale émet elle-même ses euros sur une blockchain qu’elle exploite. Isabel Schnabel défend cette option, car le jeton reste alors garanti par la BCE, sans intermédiaire.

Dans le deuxième, l’argent reste où il est et une passerelle le relie aux blockchains. Quand le titre change de propriétaire, le paiement part au même moment dans le système habituel.

Dans le troisième, une société privée émet des jetons couverts à 100 % par de l’argent déposé à la BCE. Si elle fait défaut, le détenteur doit toutefois se retourner contre elle, et non contre la banque centrale.

Pontes combine déjà deux de ces modèles

Pontes, le service ouvert le 21 septembre, en associe deux. Les participants paient par la passerelle, ou avec des jetons émis sur une blockchain des banques centrales européennes. Pour l’instant, le paiement ne devient définitif que dans le système habituel. Treize établissements y sont raccordés, dont Société Générale et Deutsche Bank.

L’euro face aux stablecoins en dollars

La BCE défend la place de l’euro. Près de 98 % des stablecoins sont libellés en dollars, rappelait Christine Lagarde le 8 mai. Si les titres européens se règlent en stablecoins, les banques de la zone euro se paieront en jetons privés en dollars. La présidente de la BCE y voit une dépendance au dollar installée au cœur des infrastructures de paiement.

S’y ajoute un argument de sécurité. En cas de crise, une banque centrale peut fournir aux banques tout l’argent nécessaire. Un émetteur privé, en revanche, ne peut rembourser que ce qu’il détient en réserve. Pour Isabel Schnabel, les stablecoins complètent donc la monnaie de banque centrale, sans la remplacer. La BCE demande à Bruxelles de maintenir l’interdiction de rémunérer les stablecoins.

Le chantier ne concerne pas le public, à la différence de l’euro numérique. Pontes doit atteindre sa version complète d’ici 2028. À la même échéance, la BCE présentera Appia, le schéma d’ensemble de ce futur marché.

FAQ

Quels sont les trois modèles de la BCE pour mettre sa monnaie sur une blockchain ?

La BCE peut émettre elle-même ses euros sur une blockchain, relier son système actuel aux blockchains par une passerelle, ou laisser une société privée émettre des jetons couverts à 100 % par de l’argent déposé chez elle. Isabel Schnabel défend la première option.

Qu’est-ce que Pontes, le service de la BCE ?

Pontes permet depuis le 21 septembre 2026 de payer en monnaie de banque centrale des titres émis sur une blockchain. Treize établissements y sont raccordés et la version complète est attendue d’ici 2028.

Le projet de la BCE concerne-t-il les particuliers ?

Non. Pontes et Appia servent aux paiements entre banques et institutions financières. L’euro numérique, destiné au public, est un projet distinct.