Le bitcoin a absorbé seul le choc du détroit d’Ormuz ce week-end. Samedi 17 octobre 2026, les Gardiens de la révolution iraniens ont annoncé deux pétroliers en feu, alors que les autres marchés étaient fermés. Ce lundi 19 octobre au matin, la cryptomonnaie cotait 82 515 dollars (+1,06 % sur 24 heures) et le cours de l’ether atteignait 2 421 dollars (+0,54 %).
Wall Street avait fini la semaine dans la crainte
Vendredi 16 octobre, le S&P 500 a reculé de 1,09 %. Les valeurs liées à l’intelligence artificielle, CoreWeave et Broadcom en tête, ont de nouveau chuté. Le pétrole, en rebond, a ajouté à la nervosité. L’inflation américaine publiée mercredi avait déjà porté le rendement des emprunts d’État à 10 ans jusqu’à 5,33 %.
Le VIX signe sa plus forte hausse depuis juin
Le VIX a bondi de 21,5 % sur la séance, à 19,99 points, selon les données compilées par CoinDesk. Cet indice se calcule à partir du prix des options sur le S&P 500. Il monte quand les investisseurs paient plus cher pour se protéger d’une baisse. Sa hausse de vendredi est la plus forte depuis le 5 juin.
Bitcoin et détroit d’Ormuz : le week-end du 17 octobre
Samedi, les Gardiens de la révolution ont affirmé que deux superpétroliers, chargés chacun d’environ 2 millions de barils, avaient heurté des mines. D’après Reuters, Téhéran accuse les navires d’avoir coupé leurs balises pour emprunter une route non autorisée. Aucune source indépendante n’a confirmé ces faits.
Le bitcoin se négocie sans interruption, sept jours sur sept. Il a donc été le premier grand actif à intégrer la nouvelle. Le cours du bitcoin est resté au-dessus de 80 000 dollars tout le week-end. Au cours de référence de la BCE du 16 octobre, soit 1,1253 dollar pour un euro, ce seuil équivaut à environ 71 100 euros. Le cours de ce matin représente environ 73 300 euros. L’euro s’est apprécié de 0,5 % face au dollar entre mercredi et vendredi, ce qui réduit un peu la progression en euros.
Un signal vérifié à Séoul et à New York, pas à Tokyo
Le comportement du bitcoin le week-end sert souvent d’indicateur avancé pour l’ouverture du lundi. Il n’annonçait aucun décrochage. Selon l’agence AP, les contrats à terme sur les actions américaines montaient ce matin et le Kospi de Séoul gagnait 1,1 %. Tokyo a pourtant ouvert en repli de plus de 2 %, plombé par les valeurs de puces, avant de limiter sa baisse à 0,8 %. Le bitcoin capte l’appétit général pour le risque, beaucoup moins le sort d’un secteur boursier.
Chine et pétrole soutiennent la séance de lundi
Pékin a publié une croissance de 4,5 % sur un an au troisième trimestre, contre 4,4 % attendu et 4,3 % au deuxième. Les ventes au détail ont progressé de 1,1 % en septembre, plus du double du rythme prévu. Le Brent, référence européenne du pétrole, reculait de 1,8 % à 107,86 dollars. Donald Trump a levé une partie des sanctions sur l’énergie russe, ce qui laisse attendre une offre plus abondante.
La décision de la Fed du 28 octobre suspendue au baril
La Fed a relevé ses taux de 0,25 point le 16 septembre, à une fourchette de 3,75 % à 4 %. Elle tiendra sa prochaine réunion les 27 et 28 octobre. Un baril durablement moins cher ralentirait l’inflation et affaiblirait l’argument d’une deuxième hausse.
Des taux élevés, un frein pour le bitcoin
Une hausse des taux améliore le rendement des bons du Trésor américain. Le bitcoin, qui ne verse aucun revenu, perd alors en attrait. Cette dépendance du bitcoin à la politique monétaire américaine le rend sensible au prix du baril. Le détroit d’Ormuz pèse ainsi sur la cryptomonnaie par le canal de l’inflation, davantage que par la peur immédiate.