L’inflation américaine de septembre, plus tenace que prévu, a effacé en quelques heures le rebond du bitcoin amorcé mardi. Ce jeudi 15 octobre 2026 au matin, la cryptomonnaie cote 81 102 dollars (-2,91 % sur 24 heures) ; l’ether recule à 2 363 dollars (-5,69 %). Les investisseurs jugent désormais possible une hausse des taux de la Fed dès ce mois-ci.
Mardi, John Williams, président de la Fed de New York, avait jugé dans un entretien à Bloomberg qu’une seule hausse des taux restait à venir cette année et aucune en 2027. Ces propos avaient accompagné la remontée du bitcoin, qui a frôlé 84 000 dollars mercredi matin selon le suivi en direct de CoinDesk. Le cours du bitcoin a depuis rendu tout ce terrain.
Inflation américaine de septembre : les prix hors énergie accélèrent
Le Bureau of Labor Statistics a publié mercredi l’indice des prix à la consommation de septembre. Les prix ont augmenté de 3,7 % sur un an, contre 3,4 % en août. L’essence a bondi de 9,1 % en un mois et explique plus de la moitié de la hausse mensuelle. Ce chiffre global était à peu près attendu.
La surprise vient de l’inflation sous-jacente, qui exclut l’énergie et l’alimentation. Elle passe de 2,4 % à 2,6 % sur un an, alors que les économistes tablaient sur 2,5 %. Sur un mois, elle progresse de 0,3 %, contre 0,2 % prévu. La Fed suit cet indicateur de près, car il écarte l’effet des carburants et mesure la tendance de fond. Le logement, premier poste de l’indice, a ainsi augmenté de 0,4 % en septembre, après 0,3 % en août. La hausse des prix ne se limite donc plus au choc pétrolier.
Une hausse des taux dès octobre redevient possible
Les marchés à terme ont aussitôt corrigé leurs paris. L’outil FedWatch de CME Group déduit des contrats sur le taux directeur américain la probabilité de chaque décision. Il donne désormais près de 50 % de chances à une hausse le 28 octobre, contre 22 % la veille. Le taux de la Fed se situe aujourd’hui entre 3,75 % et 4 %. En une journée, le marché est passé de l’espoir d’une fin prochaine des hausses à la crainte d’un nouveau tour de vis avant la fin du mois.
Le bitcoin face aux bons du Trésor
Le lien avec le bitcoin passe par la rémunération des placements sans risque. Quand la Fed relève ses taux, les bons du Trésor américain rapportent davantage. Détenir un bitcoin, qui ne verse ni intérêt ni dividende, revient alors à renoncer à un revenu garanti plus élevé. Une partie des capitaux se détourne de l’actif. Cette mécanique illustre la dépendance du bitcoin à la politique monétaire américaine.
Converti au cours de référence de la BCE du 14 octobre (1,1195 dollar pour un euro), le bitcoin vaut environ 72 400 euros. Il approchait 75 000 euros au sommet de mercredi matin. L’euro ayant à peine bougé face au dollar cette semaine (1,1181 lundi), la baisse se répercute quasi intégralement en euros.
L’effet de levier amplifie la chute de l’ether
L’ether recule deux fois plus que le bitcoin, car une large part des positions repose sur de l’argent emprunté. Sur les marchés dérivés, un investisseur peut acheter de l’ether en ne déposant qu’une fraction de la somme. Quand le cours baisse, la plateforme revend d’office sa position pour couvrir le prêt. Cette vente forcée, appelée liquidation, accentue la baisse du cours de l’ether.
Selon CoinGlass, cité par CoinDesk, 286 millions de dollars de positions sur l’ether ont été liquidés en 24 heures, contre 197 millions sur le bitcoin. Or la capitalisation de l’ether est plus de cinq fois inférieure à celle du bitcoin, d’après CoinGecko. Rapportées à la taille de chaque marché, les ventes forcées ont donc pesé environ huit fois plus lourd sur l’ether.
Prix à la production et ventes au détail à 14 h 30
Deux nouvelles statistiques américaines tombent ce jeudi à 14 h 30, heure de Paris. Les prix à la production de septembre mesurent les tarifs facturés par les entreprises, souvent répercutés ensuite aux consommateurs. Les ventes au détail indiquent si la consommation des ménages résiste à la hausse des prix. Des chiffres fermes conforteraient le scénario d’une hausse des taux le 28 octobre, date de la prochaine décision de la Fed.