Les clients de Binance peuvent vérifier depuis le lundi 2 novembre 2026 la preuve de réserves Binance du 31 octobre. La plateforme a achevé ce jour-là le calcul qui la valide, quatre jours après un piratage de 6,3 milliards de dollars. Son fonds d’urgence, le SAFU, a perdu la moitié de ses bitcoins.
Preuve de réserves Binance : dix actifs couverts au 31 octobre
Binance a publié lundi la preuve cryptographique de son relevé établi le 31 octobre à 0 h (UTC). Un arbre de Merkle permet à chaque client de retrouver son solde dans la liste des dépôts. Une preuve à divulgation nulle de connaissance établit que la plateforme détient au moins autant de chaque cryptomonnaie qu’elle en doit.
Le relevé couvre dix actifs, dont le bitcoin, l’ether et le stablecoin USDT. Celui du 1er octobre en comptait 55. Un nouvel instantané, élargi à d’autres jetons, sera pris le mercredi 4 novembre. L’exercice n’a pas la valeur d’un audit. Il photographie les dépôts à une date donnée et ne dit rien des autres dettes de la plateforme.
Un fonds SAFU ramené à 7 500 bitcoins
Le SAFU sert à indemniser les clients en cas d’incident. Son portefeuille public ne contenait plus lundi qu’environ 7 500 bitcoins, relève Cointelegraph. Il en détenait près de 15 000 avant un transfert de 7 499 bitcoins effectué samedi. Le solde valait environ 583 millions de dollars, soit près de 520 millions d’euros au cours de référence de la BCE du 2 novembre.
Un plancher qui ne joue qu’en cas de baisse du bitcoin
Les règles du fonds obligent Binance à le remonter à 1 milliard de dollars s’il passe sous 800 millions. Cette clause ne vise que les baisses du cours du bitcoin et ne fixe aucun délai après un piratage. Binance s’engage à revenir vers 1 milliard, sans calendrier. Il lui faudrait acheter environ 5 400 bitcoins, soit 417 millions de dollars au cours du bitcoin de lundi.
Converti tout en bitcoins en février 2026, le fonds suit le marché. Chaque recul de 10 % du cours lui retire désormais près de 58 millions de dollars.
MiCA impose un coussin permanent
Dans l’Union, l’article 67 du règlement MiCA oblige les prestataires agréés à détenir en permanence des garanties prudentielles. Leur montant égale au moins un capital minimum fixé par le texte ou le quart des frais généraux fixes annuels. Le SAFU relève d’un engagement de Binance, qui en fixe seule les règles et ne détient pas d’agrément MiCA.
La séparation des fonds clients reste l’autre rempart de la garde des cryptoactifs par une plateforme. La Banque centrale d’Irlande a infligé le 22 octobre une amende à Coinbase Ireland pour l’avoir mal appliquée.
Une plateforme solvable, un butin en partie libre
La preuve de réserves écarte, pour ces dix actifs, le scénario d’une plateforme incapable de rendre les dépôts. Ce scénario avait emporté FTX en novembre 2022. Binance dit avoir remplacé 95 % des actifs volés, en puisant aussi dans sa trésorerie et son fonds d’assurance sur dérivés. Environ 2,85 milliards de dollars ont été gelés ou saisis, selon le cabinet Elliptic. Plus de la moitié du butin reste donc aux mains des pirates. Binance garde des dépôts couverts, mais un fonds de secours réduit de moitié.