L’inflation PCE d’août a ralenti plus que prévu, mais le bitcoin n’en a presque rien gardé. Ce jeudi 1er octobre 2026 vers 8 heures, le cours du bitcoin s’établit à 83 070 dollars selon CoinDesk, en repli de 1,1 % sur 24 heures. L’ether résiste mieux, à 2 708 dollars (+1,4 %). Le chiffre publié mercredi a pourtant réduit le risque d’une hausse des taux de la Réserve fédérale le 28 octobre. Les fonds bitcoin cotés ont malgré tout vendu le dernier jour du trimestre.
L’inflation PCE ralentit, mais le calcul a changé
L’indice des prix PCE mesure l’évolution des prix de la consommation des ménages américains. C’est la jauge d’inflation que suit la Réserve fédérale. D’après le communiqué du Bureau of Economic Analysis du 30 septembre, il a progressé de 3,4 % sur un an en août. Les économistes attendaient 3,7 %. Hors alimentation et énergie, deux postes très volatils, la hausse revient à 3,0 %, contre 3,3 % prévu. Cette inflation dite sous-jacente guide les décisions de la Fed.
Cette détente doit pourtant beaucoup à la statistique. Le BEA publiait le même jour sa révision annuelle des comptes nationaux. Trois services ont été recalculés depuis 2021 : les logiciels, les honoraires juridiques et le conseil en placement. Selon Yahoo Finance, ce nouveau calcul retire environ 0,3 point à l’inflation sous-jacente. C’est à peu près l’écart avec la prévision. Une bonne part de la surprise vient donc d’un changement de méthode, pas d’un ralentissement des prix.
Le signal de fond existe malgré tout. Sur un mois, les prix sous-jacents n’ont augmenté que de 0,2 %, contre 0,3 % attendu. Sur trois mois, leur rythme annualisé tombe même à 2,0 %, l’objectif de la Fed.
La Fed de New York avait déjà calmé le jeu
Le terrain était préparé. Mardi 29 septembre, à Buffalo, John Williams, président de la Fed de New York, a estimé qu’il n’y avait « pas besoin d’urgence » après la hausse des taux de septembre, rapporte Reuters. Il juge une nouvelle hausse « appropriée en fin d’année », donc plutôt en décembre qu’en octobre. Il a précisé qu’il s’agissait d’une prévision, pas d’un engagement.
Les marchés à terme ont suivi. L’outil FedWatch du CME déduit des contrats sur les taux la probabilité de chaque décision. Le risque d’une hausse le 28 octobre y est tombé à 34,9 % après le chiffre, relève Babypips. Il était d’environ 50 % après le discours de Williams, et de 70,9 % une semaine plus tôt. Le relèvement n’est pas abandonné pour autant. Il glisse vers la réunion de décembre.
Pourquoi le bitcoin ne profite pas de la détente
Moins de hausses de taux, c’est en principe une bonne nouvelle pour le bitcoin. L’argent coûte moins cher et les actifs sans revenu redeviennent attractifs. Deux forces ont pourtant annulé cet effet mercredi.
Le taux à dix ans au plus haut depuis 2002
Le rendement de l’emprunt d’État américain à dix ans est le taux auquel Washington emprunte sur cette durée. Il sert de référence au coût de l’argent dans le monde. Il a encore monté mercredi, à 5,29 %. Il dépasse ainsi son pic de juin 2007 (5,26 %) et retrouve un niveau inédit depuis 2002, d’après les relevés de 24/7 Wall St.. Or le bitcoin ne verse aucun intérêt. Quand un placement sans risque rapporte 5,29 % par an, détenir du bitcoin coûte plus cher en manque à gagner. Ce frein pèse depuis le passage du Trésor américain au-dessus de 5 %, et l’inflation plus douce ne l’a pas desserré.
Fidelity concentre les retraits des ETF bitcoin
Les fonds indiciels cotés, ou ETF, permettent d’investir dans le bitcoin depuis un compte-titres. Mercredi, ceux cotés aux États-Unis ont subi 148,7 millions de dollars de retraits nets, selon Farside Investors. Leur série de neuf séances de collecte s’arrête. Le fonds de Fidelity, FBTC, explique à lui seul 125,6 millions de dollars de sorties, soit 85 % du total. L’IBIT de BlackRock ne perd que 9,5 millions.
Cette concentration suggère des ventes ciblées, le fait de quelques clients d’un même fonds le dernier jour du trimestre. Ce n’est pas une fuite générale des investisseurs. Mais aucun acheteur n’est venu compenser. La veille, la collecte n’atteignait que 66,2 millions de dollars, loin du milliard du 21 septembre, quand les flux ETF bitcoin s’épuisaient déjà. Les ETF ether ont aussi perdu 59,6 millions de dollars mercredi.
L’emploi américain, prochain test avant le 28 octobre
Le recul de l’inflation a donc écarté le risque le plus proche, une hausse des taux dès octobre. Il n’a pas créé de nouvelle demande pour le bitcoin, freiné par un taux long au plus haut depuis 2002 et des fonds sans acheteurs. Le prochain rendez-vous tombe vendredi 2 octobre à 14h30, heure de Paris, avec les chiffres de l’emploi de septembre. Un marché du travail solide redonnerait du poids à une hausse en octobre.
FAQ
Quel a été le chiffre de l’inflation PCE d’août 2026 ?
L’indice PCE a progressé de 3,4 % sur un an en août, contre 3,7 % attendu. Hors alimentation et énergie, la hausse est de 3,0 %, contre 3,3 % prévu.
La Fed va-t-elle relever ses taux le 28 octobre ?
Selon l’outil FedWatch du CME, la probabilité d’une hausse en octobre est tombée à 34,9 % après le chiffre, contre 70,9 % une semaine plus tôt. John Williams, président de la Fed de New York, situe la prochaine hausse en fin d’année.
Pourquoi le bitcoin baisse-t-il malgré une inflation plus faible ?
Le taux américain à dix ans est monté à 5,29 %, son plus haut depuis 2002. Ce niveau rend plus coûteux de détenir un actif qui ne verse aucun intérêt. Les ETF bitcoin ont aussi subi 148,7 millions de dollars de retraits nets le 30 septembre.