L’enquête CoinShares publiée le lundi 5 octobre 2026 l’affirme : deux Français fortunés sur trois détiennent des cryptoactifs. Ce gérant spécialisé dans les actifs numériques a fait interroger 2 230 investisseurs dans sept pays. En France, 66 % des 304 répondants déclarent en posséder.
Ce score place la France derrière les États-Unis, le Royaume-Uni et l’Allemagne (70 % chacun). Elle devance en revanche l’Italie (58 %) et la Suède (54 %). Tous pays confondus, ces investisseurs consacrent environ 10 % de leur portefeuille aux actifs numériques. De plus, 87 % des détenteurs français disaient au printemps vouloir augmenter cette part en 2026.
Ce que l’enquête CoinShares ne mesure pas
Ces chiffres ne décrivent pas l’équipement réel des ménages aisés. D’abord, le sondage a été mené en ligne, du 11 mai au 5 juin 2026, par le cabinet Vardaxoglou Advisory. Or un questionnaire sur les cryptomonnaies attire en priorité ceux qui s’y intéressent. CoinShares reconnaît d’ailleurs ce biais d’autosélection dans sa méthodologie.
Ensuite, l’échantillon ne retient que des investisseurs disposant d’au moins 500 000 dollars d’actifs financiers, hors immobilier. Chacun devait aussi avoir réalisé une opération dans l’année. Enfin, CoinShares a commandé et financé l’étude. Or ce gérant commercialise lui-même des placements en actifs numériques.
Un repère aide à situer ce résultat. Le baromètre 2026 de l’Adan, réalisé par Ipsos, évalue la détention à 11 % des adultes français. Les deux mesures ne portent pas sur la même population. Les 66 % de l’enquête CoinShares se lisent donc comme une déclaration d’investisseurs actifs, pas comme un taux d’équipement.
Plus d’un sondé sur deux préfère un intermédiaire
L’enseignement le plus utile tient à la manière d’investir. En effet, 55 % des sondés préfèrent un intermédiaire à l’achat direct sur une plateforme d’échange. Il peut s’agir d’un courtier, d’un mandat de gestion ou d’un ETP, un produit coté en Bourse qui suit le cours d’une cryptomonnaie. C’est le circuit qu’a choisi Morgan Stanley avec son ETF bitcoin MSBT, distribué par ses propres conseillers.
Des investisseurs qui se jugent mal informés
Par ailleurs, 88 % reconnaissent manquer de connaissances pour investir seuls en confiance. Ainsi, 69 % envisageraient de s’adresser à un gestionnaire de patrimoine compétent sur le sujet. Ce professionnel est la source d’information jugée la plus fiable dans les sept pays. Pourtant, en France, environ quatre clients conseillés sur dix trouvent leur conseiller trop prudent sur ces actifs. Ce déficit de formation concerne aussi ceux qui choisissent de débuter en cryptomonnaies par eux-mêmes.
Banques privées et conseillers, premiers concernés
Même corrigée de son biais, l’enquête CoinShares intéresse donc les banques privées et les conseillers. En effet, la demande de cette clientèle passe par eux, sous forme de produits cotés et de mandats. L’achat direct de jetons vient ensuite. Les grandes banques s’y préparent déjà : Deutsche Bank prépare un service de conservation de bitcoins pour ses clients institutionnels. Pour les réseaux français, l’enjeu porte sur la formation des conseillers. À défaut, ces clients peuvent s’informer et investir ailleurs.
FAQ
Combien de Français fortunés détiennent des cryptoactifs selon CoinShares ?
Selon l’enquête publiée le 5 octobre 2026, 66 % des 304 Français interrogés déclarent en détenir. Ce taux atteint 70 % aux États-Unis, au Royaume-Uni et en Allemagne, et 54 % en Suède.
L’enquête CoinShares est-elle représentative des ménages aisés ?
Non. Le sondage a été mené en ligne auprès d’investisseurs actifs disposant d’au moins 500 000 dollars d’actifs financiers, et CoinShares l’a financé. À titre de repère, le baromètre Adan 2026 situe la détention à 11 % des adultes français.
Comment les investisseurs fortunés achètent-ils des cryptomonnaies ?
Plus de la moitié (55 %) préfèrent un intermédiaire, courtier, produit coté ou mandat de gestion, à l’achat direct sur une plateforme d’échange. Ils sont 88 % à dire manquer de connaissances, et 69 % envisageraient un gestionnaire de patrimoine compétent.