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Coinbase Ireland a mêlé l’argent de ses clients, Dublin sévit

Actualité du

26 octobre 2026

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La Banque centrale d’Irlande a sanctionné Coinbase Ireland le jeudi 22 octobre 2026. La filiale reçoit un blâme et une amende de 3,25 millions d’euros. Elle a mal protégé l’argent de ses clients entre novembre 2020 et août 2025.

Cet établissement de monnaie électronique émet les soldes en euros ou en dollars avec lesquels les clients européens de Coinbase achètent des cryptomonnaies. Fixée à 4,65 millions d’euros, la sanction a été réduite de 30 % après un accord conclu la veille. Elle doit encore être confirmée par la Haute Cour irlandaise. Le régulateur avait déjà infligé 21,5 millions d’euros à Coinbase Europe, une autre filiale, en novembre 2025 pour des failles anti-blanchiment.

Des fonds mêlés à ceux du groupe pendant près de cinq ans

Un établissement de monnaie électronique doit isoler l’argent de ses clients sur un compte ouvert dans une banque. L’avis de transaction publié par la Banque centrale détaille les entorses à cette règle. Après le Brexit des clients venus de Coinbase UK ont continué d’alimenter un compte de la filiale britannique, jusqu’en août 2025. De mars 2023 à octobre 2024 une trentaine de clients institutionnels ont versé leurs dollars sur des comptes américains du groupe. Des clients d’autres entités ont même retiré des euros sur le compte protégé, jusqu’en janvier 2024.

Un compte protégé sous-alimenté chaque jour

Des erreurs de calcul apparues en juillet 2022 empêchaient la filiale de connaître la somme à protéger. Son compte cantonné a manqué d’argent sans interruption du 1er janvier 2023 au 27 juin 2024. Le déficit a atteint jusqu’à 5,2 millions d’euros en une journée de 2024. La filiale devait alors protéger 470 millions d’euros en moyenne. Elle confiait ces calculs à Coinbase Inc., une société américaine du groupe, sans spécialiste en Irlande pour les vérifier avant décembre 2024.

Coinbase Ireland : aucune perte, mais un risque en cas de faillite

Coinbase affirme qu’aucun client n’a perdu d’argent ni été privé de ses fonds. Le régulateur ne relève aucun préjudice avéré. Il estime pourtant qu’en cas de faillite pendant ces manquements les clients n’auraient peut-être pas récupéré leur argent rapidement et intégralement.

Le cantonnement fonctionne comme le compte séquestre d’un notaire. L’argent déposé n’appartient pas à l’entreprise et échappe à ses créanciers. La monnaie électronique n’est pas un dépôt bancaire. En France le Fonds de garantie des dépôts et de résolution exclut de sa couverture les avoirs émis par un établissement de monnaie électronique. La séparation des fonds constitue donc le principal rempart des clients dans la garde des avoirs par une plateforme.

Le passeport européen au cœur de l’affaire

Coinbase Ireland sert tout l’Espace économique européen grâce au passeport européen. Un agrément délivré à Dublin lui suffit pour accueillir des clients en France, sous la seule surveillance irlandaise. Karen O’Leary, directrice des sanctions de la Banque centrale, rappelle que cet agrément ouvre l’accès au marché de l’Union. Elle juge inacceptable que la filiale ait passé sous silence des changements importants. Les cryptomonnaies relèvent d’un autre pays : le groupe a transféré cette activité à une entité agréée sous MiCA au Luxembourg. Les clients français dépendent ainsi de deux superviseurs étrangers, l’un pour leurs cryptomonnaies, l’autre pour leurs euros.

Paris veut confier les grands acteurs à l’ESMA

Le 21 octobre le Trésor, l’AMF, la Banque de France et l’ACPR ont demandé de renforcer le rôle de l’ESMA. L’Autorité européenne des marchés financiers superviserait les grands prestataires sur cryptoactifs et les crypto-conglomérats. Cette contribution à la révision de MiCA ne porte toutefois que sur leurs activités en cryptoactifs. Les soldes en euros d’un établissement de monnaie électronique comme Coinbase Ireland resteraient sous la surveillance de Dublin. Or la faille relevée par l’Irlande se situait précisément du côté des euros.