L’agrément crypto au Brésil a écarté la majorité des plateformes. Le vendredi 30 octobre 2026, la Banque centrale du Brésil a clos les demandes des prestataires déjà actifs. Entre 40 et 63 candidats se sont présentés selon les décomptes, alors que 150 à 200 étaient attendus.
Un décompte encore officieux
Le régime d’agrément s’applique depuis le 2 février 2026. Les entreprises déjà actives avaient 270 jours pour déposer la première phase de leur dossier. L’instruction normative BCB 704 fixait l’échéance au 30 octobre. Le cabinet d’avocats Panucci, Severo e Nebias recense une quarantaine de candidats, rapporte Bitcoin.com News. Le suivi du groupe financier Cainvest en relevait au moins 63 le 30 octobre au soir, selon Spaziocrypto. La banque centrale n’a publié aucun chiffre.
Binance, Coinbase, Kraken et Mercado Bitcoin figurent parmi les candidats. La banque Itaú a pris un chemin plus court. Une banque peut en effet proposer ces services sur simple déclaration préalable à la banque centrale.
Le 6 novembre, la coupure bancaire
Les candidats continuent d’opérer pendant l’examen de leur dossier. Pour un nouvel entrant, cet examen peut durer jusqu’à deux ans. Les sociétés restées à l’écart ont trente jours pour cesser leur activité. La contrainte arrivera plus tôt. Dès le 6 novembre la résolution BCB 589 interdit aux banques et aux établissements de paiement de traiter avec elles. Ces sociétés ne pourront plus recevoir ni rendre en réais l’argent de leurs clients.
Lemon, Bitso et NovaDAX ont déjà fermé
La plateforme argentine Lemon a fermé le 16 octobre ses quelque 15 000 comptes brésiliens. Elle jugeait le capital exigé disproportionné. Bitso a transféré ses clients à Mercado Bitcoin. NovaDAX prévoyait de convertir d’office les avoirs non retirés au 30 octobre.
Le poids des déclarations quotidiennes
Tiago Severo, spécialiste des cryptoactifs au cabinet Panucci, invoque aussi le coût du reporting. Un prestataire doit transmettre chaque jour les avoirs de ses clients et, tous les mois, une preuve de réserves. Trois ans de bilans audités sont également exigés.
L’agrément crypto au Brésil suit la logique de MiCA
Le marché en jeu pèse lourd. Les contribuables brésiliens ont déclaré 505,5 milliards de réais de transactions en 2025, selon les données de la Receita Federal. L’USDT, un stablecoin indexé sur le dollar, en représente à lui seul 64,7 %. La BCE fixait le 30 octobre son cours de référence à 6,0692 réais pour un euro. À ce cours, ce volume avoisine 83 milliards d’euros.
Brasília reprend le principe de MiCA, dont la période transitoire a pris fin le 1er juillet 2026 dans l’Union européenne. Dans l’Union, seuls les prestataires agréés peuvent désormais servir des clients. Le Brésil y ajoute la coupure bancaire, qui rend l’activité impossible sans attendre une procédure de sanction. Paris réclame lui aussi plus d’exigence, avec une révision plus stricte de MiCA proposée le 20 octobre.
Un marché resserré autour des plus solides
Les sociétés trop petites pourront revendre les services d’un acteur agréé, sous sa licence. Le marché se resserre ainsi autour des groupes capables de financer leur conformité. Ces fermetures rappellent l’enjeu de la garde des actifs par un tiers. Une plateforme qui ferme fixe seule les conditions de restitution des avoirs.