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Binance : le veto discret de Lagarde qui embarrasse MiCA

Actualité du

22 septembre 2026

La demande d’agrément Binance MiCA déposée en Grèce aurait été stoppée par une intervention de Christine Lagarde. C’est ce qu’affirme le Wall Street Journal dans une enquête publiée le 18 septembre 2026 et relayée par CoinDesk. Selon le quotidien, la présidente de la BCE a demandé au Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis de ne pas accorder la licence. Le régulateur d’Athènes jugeait pourtant le dossier complet.

Une licence prête à être signée, puis retirée

Fin mai, la commission grecque des marchés (HCMC) avait signalé à l’ESMA son intention d’approuver la demande. Début juin, un haut responsable grec aurait informé la plateforme de la demande de Lagarde. Sans l’appui du gouvernement, le régulateur n’a plus avancé. Binance a retiré son dossier le 24 juin, une semaine avant la date butoir du 1er juillet. La plateforme annonçait vouloir « obtenir l’autorisation dans un autre État membre ».

Deux motifs sont prêtés à la présidente de la BCE. D’abord la condamnation de Binance aux États-Unis en 2023. Le ministère américain de la Justice avait obtenu 4,3 milliards de dollars de pénalités pour manquements anti-blanchiment et violations des sanctions. Ensuite la crainte de voir la première plateforme mondiale accélérer l’usage des stablecoins en dollars, ces jetons indexés sur le billet vert. Le 8 mai à Madrid, Lagarde chiffrait ce marché à 310 milliards de dollars, dollarisé à 98 %. L’euro numérique n’est pas attendu avant 2029 et les stablecoins en euros restent marginaux.

Des démentis qui ne ferment pas le dossier

La HCMC affirme que « les propos attribués à ses responsables n’ont pas été tenus ». Elle dit avoir évalué le dossier en toute indépendance. La BCE ne commente pas le fond et rappelle qu’elle n’a « aucun rôle institutionnel » dans l’agrément des prestataires. Binance refuse de commenter « des spéculations ». Le WSJ ajoute que l’ESMA aurait conseillé en privé aux régulateurs nationaux de rejeter Binance, pour son passif de conformité.

Ce que l’affaire révèle du règlement MiCA

MiCA promettait une règle simple. Un agrément obtenu dans un pays ouvre les 27 marchés de l’Union, sur des critères écrits, appliqués par le régulateur national. Le récit du WSJ décrit l’inverse : un arbitrage politique entre Francfort et Athènes. Le texte n’a pas changé. Sa pratique, peut-être.

Une supervision qui se centralise à Paris

La Commission a proposé en décembre 2025 de confier à l’ESMA l’agrément et la surveillance des grandes plateformes. La BCE a soutenu ce transfert dans un avis du 9 avril 2026. Bruxelles consulte jusqu’au 30 septembre sur une révision du règlement. Centraliser l’agrément retirerait à la Grèce ou à Malte le pouvoir d’ouvrir seuls l’Europe à un acteur contesté. Le dossier Binance MiCA devient l’argument de ceux qui veulent cette réforme.

Les clients français, premiers concernés

Depuis le 1er juillet, Binance n’offre plus de services en France : ni dépôts en euros, ni achats au comptant. Seuls les retraits restent ouverts. Selon Richard Teng, co-directeur général, 70 % des retraits européens sont partis vers des portefeuilles autogérés, rapporte Cointribune. Pour qui rapatrie ses avoirs, le mode de garde compte autant que le choix de la plateforme.

FAQ

Pourquoi Binance n’a-t-elle pas de licence MiCA ?

Binance a retiré sa demande grecque le 24 juin 2026, une semaine avant la date butoir du 1er juillet. Selon le Wall Street Journal, Christine Lagarde aurait demandé au gouvernement grec de ne pas accorder l’agrément. La HCMC dément, la BCE ne commente pas.

Peut-on encore utiliser Binance en France ?

Depuis le 1er juillet 2026, Binance ne propose plus de dépôts en euros ni d’achats au comptant en France. Les retraits de cryptomonnaies et d’euros restent possibles. Une nouvelle demande d’agrément auprès de l’AMF est évoquée mais n’a pas été confirmée.

Que change le transfert de la supervision à l’ESMA ?

La Commission propose depuis décembre 2025 que l’ESMA délivre et surveille les agréments des grandes plateformes, à la place des régulateurs nationaux. La BCE soutient ce transfert depuis avril 2026. Un pays seul ne pourrait plus ouvrir les 27 marchés à un acteur contesté.