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Europol : le quantique menace les portefeuilles, pas le bitcoin

Actualité du

8 octobre 2026

Europol juge que l’ordinateur quantique ne fera pas disparaître les cryptomonnaies. Dans un rapport publié mercredi 7 octobre 2026, l’agence policière européenne désigne en revanche les portefeuilles comme le point faible. Elle demande donc au secteur de préparer dès maintenant le remplacement de leurs protections.

Une clé publique visible suffit à exposer un portefeuille

Un portefeuille de cryptomonnaies est protégé par une clé secrète, associée à une clé publique. Aucun ordinateur actuel ne sait retrouver la première à partir de la seconde. Un ordinateur quantique assez puissant le pourrait. Celui qui y parviendrait disposerait alors des fonds à la place de leur propriétaire. Or la clé publique devient visible de tous dans deux cas : sur certains formats d’adresse, dont les plus anciens, ou sur une adresse réutilisée après un premier paiement. Selon Glassnode, 6,04 millions de bitcoins se trouvaient dans cette situation en mai 2026, soit 30,2 % de l’offre émise.

Le registre des transactions résiste

Cette machine n’existe pas. Europol ne donne aucune date et situe seulement son arrivée à moyen ou long terme. Le registre des transactions repose, lui, sur une autre famille de calculs, qui relie les blocs entre eux. Le quantique les affaiblit peu. La menace porte donc sur le vol de fonds dans les portefeuilles, pas sur la survie du réseau.

Un remplacement sans autorité centrale

Une clé déjà exposée ne se répare pas. La seule parade consiste à déplacer les fonds vers un portefeuille doté de nouvelles protections. Mais le bitcoin n’a pas d’autorité centrale capable d’imposer cette mise à jour. Développeurs, mineurs, plateformes et détenteurs doivent d’abord s’accorder. Chaque détenteur qui garde lui-même ses cryptomonnaies doit ensuite déplacer ses fonds.

76 jours de réseau monopolisé, au minimum

Une étude de 2024 citée par Europol évalue ce transfert à 76 jours au moins, si le réseau ne traitait rien d’autre. L’agence juge un tel arrêt intenable. En y consacrant un quart de chaque bloc de transactions, l’opération durerait environ 300 jours. De plus, les nouvelles signatures pèsent 10 à 120 fois plus lourd que les actuelles. Elles renchériraient donc les transactions et les ralentiraient.

Bitcoin et Ethereum n’ont pas encore changé de protection

Ni Bitcoin ni Ethereum n’ont adopté ces protections, relève le rapport d’Europol sur le quantique. Pour Bitcoin, un calendrier existe pourtant, à l’état de brouillon. Le BIP-361, publié en avril 2026, bloquerait les envois vers les adresses vulnérables environ trois ans après son adoption. Deux ans plus tard, les fonds restés sur ces adresses seraient gelés.

Fin 2026 pour les États européens, aucune échéance pour Bitcoin

Les États, eux, ont déjà des échéances. La feuille de route européenne adoptée en juin 2025 leur demande d’engager ce changement avant fin 2026. Les usages les plus sensibles doivent avoir basculé fin 2030 au plus tard. La France copréside ces travaux avec l’Allemagne et les Pays-Bas. Europol recommande aux régulateurs de fixer aussi des lignes directrices claires pour les cryptomonnaies.

Les plateformes détiennent 1,6 million de bitcoins exposés

Les plateformes concentrent environ 1,6 million de ces bitcoins, toujours selon Glassnode. Leur exposition tient à des adresses souvent réutilisées. Elles gèrent en outre les clés de leurs clients. Le déplacement des fonds leur reviendra donc, comme leur revient déjà la conservation des cryptomonnaies.

FAQ (une question, que le corps laisse ouverte)

Faut-il déplacer ses bitcoins dès maintenant ?

Europol ne le demande pas. Le rapport conseille aux détenteurs de s’informer, puis de transférer leurs fonds quand des portefeuilles résistants existeront. Utiliser une nouvelle adresse à chaque opération limite déjà l’exposition de la clé publique.