FinCEN abandonne sa règle sur les wallets personnels. Mardi 6 octobre 2026, la cellule antiblanchiment du Trésor américain a publié au journal officiel fédéral le retrait de ce projet de 2020. Le texte aurait obligé banques et plateformes à tracer les transferts de cryptomonnaies vers les portefeuilles gérés par leurs clients.
Une règle de 2020 jamais adoptée
Un détenteur peut confier la conservation de ses cryptomonnaies à une plateforme, comme de l’argent sur un compte. Il peut aussi les garder lui-même dans un wallet personnel. Dans ce second cas, aucun intermédiaire ne sait à qui appartiennent les fonds. Fin 2020, le Trésor avait voulu lever cette zone d’ombre. Son projet imposait de conserver la trace des transferts de plus de 3 000 dollars vers ces portefeuilles. Au-delà de 10 000 dollars, chaque opération devait lui être déclarée.
Le texte n’a jamais été adopté, et le Trésor l’avait écarté de son programme de travail dès 2024. L’avis publié mardi clôt le dossier : FinCEN ne prendra « aucune autre mesure » sur ce projet. Dans son communiqué du 5 octobre, l’agence invoque le programme de déréglementation de l’administration Trump. Elle a retiré le même jour un second projet, daté de 2023. Celui-ci visait les mixeurs, ces services qui mélangent les fonds de plusieurs utilisateurs pour en masquer l’origine.
L’Europe exige une preuve dès 1 000 euros
L’Europe a fait le choix inverse. Depuis le 30 décembre 2024, le règlement européen sur les transferts de fonds couvre aussi les cryptomonnaies. Pour tout transfert de plus de 1 000 euros avec un portefeuille personnel, la plateforme doit vérifier que celui-ci appartient bien à son client. Un épargnant français qui envoie ses bitcoins vers son propre wallet doit donc en apporter la preuve. En pratique, il signe un message avec ce portefeuille ou envoie un petit montant test. En revanche, aucune règle fédérale n’impose cette démarche aux États-Unis. Le cadre européen continue de se durcir : le 30 septembre, le régulateur des marchés a réclamé de nouveaux pouvoirs face aux plateformes étrangères.
Washington vise les réseaux, pas les particuliers
Le retrait de FinCEN sur les wallets personnels ne signifie pas la fin de la surveillance. Le 1er octobre, le Trésor a classé le réseau de paiement russe A7 parmi les organisations criminelles. Ses moyens se concentrent sur les réseaux organisés plutôt que sur les transferts des particuliers. Pourtant, ce partage n’a rien de définitif. Coin Center, association américaine de défense des utilisateurs, rappelle que la loi autorise toujours le Trésor à proposer une règle comparable. Pour un épargnant européen, rien ne change : la vérification au-delà de 1 000 euros reste en vigueur.
FAQ
Quelle règle FinCEN a-t-il retirée le 6 octobre 2026 ?
FinCEN a retiré un projet de décembre 2020 sur les wallets personnels. Il imposait de tracer les transferts de plus de 3 000 dollars et de déclarer ceux de plus de 10 000 dollars. Un second projet de 2023, sur les mixeurs, a été retiré le même jour.
Faut-il prouver qu’un wallet personnel vous appartient en France ?
Oui, au-delà de 1 000 euros. Depuis le 30 décembre 2024, la plateforme européenne doit vérifier que le portefeuille appartient à son client, qui en apporte la preuve.
Les États-Unis cessent-ils de surveiller les cryptomonnaies ?
Non. Le 1er octobre 2026, le Trésor a classé le réseau russe A7 parmi les organisations criminelles, et la loi lui permet toujours de proposer une règle comparable.