Un détenteur français de cryptomonnaies sur six dit avoir du mal à récupérer l’argent investi, selon une étude BPCE sur les cryptoactifs présentée le mercredi 21 octobre 2026. Parmi ceux qui ont déjà tenté un retrait, la proportion dépasse un sur quatre. Le même jour, les autorités françaises ont demandé à Bruxelles de renforcer la lutte contre les plateformes non autorisées.
Étude BPCE cryptoactifs : des retraits difficiles pour 17 % des détenteurs
BPCE L’Observatoire a interrogé 2 000 Français du 11 au 20 septembre 2026, avec l’institut Audirep. Aux détenteurs, il a demandé s’ils rencontraient des difficultés pour récupérer l’argent investi. Selon la présentation détaillée de l’étude, 17 % répondent oui et 48 % non. Les 35 % restants n’ont encore jamais tenté de retrait. Rapporté aux seuls détenteurs qui ont essayé, le taux de difficulté atteint donc 26 %.
Dans la garde des cryptomonnaies par un tiers, l’épargnant dépend de la plateforme pour retirer ses avoirs. L’étude ne précise ni la nature de ces difficultés ni les plateformes en cause. Elle ne dit pas non plus si elles concernent des acteurs privés d’autorisation depuis le 1er juillet 2026. Le résultat repose enfin sur 106 détenteurs, un échantillon trop étroit pour une mesure précise.
La disponibilité de l’argent, premier critère de choix
Les épargnants jugent d’ailleurs une plateforme d’abord sur ce point. La disponibilité de l’argent est jugée très importante par 47 % des détenteurs et candidats à l’achat. Elle devance la conformité de la plateforme (45 %), la confiance dans l’acteur (43 %) et les frais (42 %). L’adossement à un groupe bancaire ne compte que pour 30 % d’entre eux.
Une plateforme bancaire recueille pourtant la confiance la plus large. Interrogés sur l’acteur auquel ils confieraient leurs cryptoactifs, 36 % la citent, contre 23 % pour une plateforme indépendante. Dans les faits, 89 % des transactions passent par des plateformes spécialisées, selon le communiqué de l’étude. Le contrôle bancaire sur les cryptomonnaies reste donc minoritaire en France.
Un auteur lui-même vendeur de cryptoactifs
BPCE est présent sur ce marché. Le groupe vend des cryptoactifs dans les applications Banque Populaire et Caisse d’Épargne, via sa filiale Hexarq. Son communiqué du 10 mars 2026 annonçait treize établissements raccordés courant mars. Les caisses d’épargne allemandes ont suivi le 19 octobre, en ouvrant leur application au bitcoin. La préférence pour les banques est ainsi mesurée par une banque qui vend ces actifs.
Des épargnants aguerris, mal informés sur MiCA
Ces difficultés touchent des épargnants expérimentés. Près d’un détenteur sur deux (47 %) possède des actions ou des obligations, contre 17 % de l’ensemble des Français. La diversification arrive en tête de leurs motivations (52 %). Seuls 55 % savent pourtant que MiCA impose une autorisation pour conserver des cryptoactifs depuis le 1er juillet 2026.
Paris veut durcir MiCA le même jour
Le Trésor, l’AMF, la Banque de France et l’ACPR ont publié le 21 octobre leurs propositions conjointes pour la révision de MiCA. Ils demandent de mieux coordonner la lutte contre les prestataires non autorisés, afin de protéger les investisseurs européens. BPCE relève de son côté que l’obligation d’autorisation a pu peser sur les déclarations de détention, estimée entre 5 % et 11 % des Français selon les sources. La capacité à rendre l’argent devient ainsi un argument de concurrence entre plateformes autorisées, acteurs non régulés et banques.